Bac et BEM : Durcissement du dispositif contre les fuites et la triche


Des peines de prison sont prévues

Cette année, et pour la première fois, le code pénal, visant à préserver la crédibilité des examens et des concours, adopté en avril dernier, sera mis en vigueur.

Des poursuites judiciaires seront engagées à l’encontre des auteurs des fuites des sujets ou des tricheurs lors des examens du bac et du BEM, prévus en septembre prochain. Jusque-là, le ministère de l’Education nationale se contentait de poursuites administratives.

Le dispositif contre la triche et les fuites, rigoureusement renforcé cette année, a été expliqué et détaillé hier par le ministre Mohamed Ouadjaout, qui a tenu une vidéoconférence nationale avec l’ensemble des directeurs de l’éducation des wilayas. Ces derniers sont mis en garde et surtout sommés d’assumer leurs responsabilités contre toute atteinte à la crédibilité de ces examens, sérieusement mise à mal depuis 2016.

Et c’est cette année que le code pénal visant à préserver la crédibilité des examens et des concours sera mis en vigueur. La loi en question, 06-20 de 28 avril 2020 modifiant et complétant l’instruction 156-66 de 1966, prévoit en effet des peines pour toute fuite ou publication des sujets ou des réponses des examens de l’éducation, des concours, des examens de l’enseignement supérieur ou de la formation professionnelle.

Ces peines sont de 3 ans de prison et 100 000 DA d’amende. Elles pourront aller de 5 à 10 ans de prison avec une amende allant de 500 000 à 1 000 000 DA, si l’auteur de cet acte fait partie de la commission chargée de la préparation des sujets d’examen.

La nouveauté aussi cette année consiste en cette commission de coordination et de suivi intersectorielle présidée par le wali. Elle sera chargée, entre autres, du dispositif sanitaire et d’hygiène, mis exceptionnellement en place cette année pour limiter la propagation de la pandémie de Covid-19. Elle est censée mettre tous les moyens matériels et humains pour sécuriser et mieux organiser les examens en question.

Il est question aussi de reprendre certains réflexes adoptés dans les centres de distribution des sujets, malheureusement «perdus» ou «banalisés» depuis 2016, comme l’interdiction du port du téléphone portable et le verrouillage des centres. Et c’est d’ailleurs depuis cette époque que la triche et la fuite des sujets sont venus entacher des examens autrefois insaisissables.

Le bac 2016 nous rappelle l’ampleur de cette triche. Un scandale. Une 2e session partielle de l’examen avait été organisée avec de nouvelles dispositions contre toute tentative de triche ou de fuite. A cette époque, des auditions au niveau de l’Onec et des wilayas avaient été entreprises. Plus de 200 personnes étaient impliquées.

Les années qui ont suivi n’ont pas été meilleures, mais elles étaient moins flagrantes. L’année passée, on apprend aussi que des fuites ont eu lieu lorsdes trois examens nationaux (examen de fin de cycle primaire, BEM et bac) mais tout a été volontairement «étouffé». Les sujets étaient balancés sur les réseaux sociaux 30 minutes avant le début des épreuves.

Et jusque- là, toutes les enquêtes pourtant annoncées publiquement n’ont pas eu de suite. Le ministre a beaucoup insisté hier sur la nécessité d’achever tous ces préparatifs avant le jour J, sachant que les enseignants élaborateurs de sujets seront mis en quarantaine, pour confectionner les questions, à partir du 15 août, et cela évidemment selon les dispositions sanitaires prises dans le cadre de la lutte contre la propagation de la Covid-19.         

Post Views: 114