Arrêtés pour port de l’emblème amazigh : Des manifestants présentés aujourd’hui devant le procureur


Les manifestants interpellés en fin de semaine dernière vont être présentés aujourd’hui devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), a annoncé le Comité national pour la défense des détenus d’opinion (CNLD).

Des alertes ont été lancées ces dernières heures par le Comité sur l’arrestation de manifestants durant la marche de vendredi pour port de l’emblème amazigh. Ainsi, Raouf Rais, activiste arrêté en possession de cet emblème, est maintenu en garde à vue au commissariat du Cavaignac. C’est le cas de Ali Yebou, arrêté vendredi matin à Didouche Mourad.

«Bouslat Rabah, 42 ans, père de 4 filles, originaire de Draâ Ben Khedda (Tizi Ouzou), a été brutalement arrêté hier, vendredi 1er novembre à 11h, par la police au niveau de la sortie de la gare routière de Tafourah, avec deux de ses compagnons, sans aucun motif légal. Il est actuellement au commissariat du Cavaignac et sera présenté demain (aujourd’hui) devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed. Ghanem Fayçal, originaire d’El Kseur, wilaya de Béjaïa, a été arrêté hier, vendredi 1er novembre, à 14h, devant la Grande-Poste à Alger, pour le port d’un drapeau amazigh. Ghanem Fayçal, âgé à peine de 21 ans, a appelé ses proches dans la nuit d’hier pour les informer qu’il est dans un commissariat et, depuis, son téléphone est éteint», recense le CNLD.

Le Collectif des parents de détenus dénonce ces arrestations qui ont été opérées ces dernières semaines. «A notre peine, viennent se greffer deux autres malheurs en ce 37e vendredi de manifestation populaire. Celui de devoir fêter le 20e anniversaire du jeune Ould Taleb Amine en son absence, lui étant encore derrière les barreaux dans les geôles du pouvoir. L’autre épreuve qui nous est imposée étant l’arrestation sous nos yeux du jeune Raouf Rais pour port de l’emblème amazigh, quand nous savons que beaucoup de tribunaux de notre pays ont relaxé des prévenus pour ce même motif d’arrestation», s’offusque le coordinateur du collectif dans un message posté sur sa page Facebook.

Le Collectif des parents des détenus d’opinion salue la mobilisation grandiose du peuple algérien en ce «37e vendredi de la révolution populaire, pacifique et patriotique». «Et nous exprimons notre sensibilité pour la sympathie et l’empathie de nos concitoyens envers nos parents détenus d’opinion, mais aussi envers nous-mêmes, parents affligés et accablés, et nous leur en savons gré.

Convaincu du bien-fondé de nos actions et de la légitimité de nos revendications, nous sommes sereins quant à l’issue de la révolution et gardons bon espoir en ce qui concerne la libération imminente de nos enfants et parents, une libération que nous voulons immédiate et inconditionnelle. Au pouvoir et à ses exécutants, qui ont ordonné les arrestations de nos enfants, qui ont procédé à ces arrestations, qui ont fixé les chefs d’inculpation ou qui ont décidé de les incarcérer, nous disons que les arrestations sont illégales, que les délits sont fictifs et ne sont justifiés par aucune loi.

Et que les incarcérations sont injustes et arbitraires», note Challal, père de Amokrane, détenu à la prison d’El Harrach. La grève des magistrats a provoqué le report des verdicts dans le procès des détenus d’opinion. D’autres manifestants (4) placés en garde à vue ces derniers jours ont été libérés. Il a été exigé d’eux de se présenter devant le procureur, à l’instar des manifestants de la marche organisée le 24 octobre dernier par des avocats.

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