Après avoir estimé que le pays est en difficulté face à la Covid-19 : L’OMS réctifie son évaluation sur l’Algérie


L’OMS cite l’Algérie comme un exemple à suivre par les zones à incidence élevée.

Le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique corrige son appréciation vis-à-vis de l’Algérie sur la situation épidémique de la Covid-19 après avoir déclaré par la voix de la directrice régionale, le Dr Matshidiso Rebecca Moeti, lors d’un point de presse par vidéo au siège de l’organisation, à Genève : «Avant que nous ayons accès à un vaccin efficace, je crains que nous devions vivre avec une hausse constante dans la région, avec des foyers à gérer dans de nombreux pays, comme c’est le cas actuellement en Afrique du Sud, en Algérie et au Cameroun, qui nécessitent de très fortes mesures de santé publique.» Et de signaler : «Plus de 70% des décès sont enregistrés dans seulement cinq pays : Afrique du Sud, Algérie, Nigeria, Egypte et Soudan.»

Et ce, en réponse au comité scientifique du suivi de l’évolution de l’épidémie qui avait réagi énergiquement, vendredi dernier, contre les assertions de la représentante de l’OMS. Le comité scientifique a exprimé son «étonnement sur les conclusions de l’organisation onusienne», qualifiant sa position de «dépassement de ses prérogatives, qui pourrait être mû par des considérations sélectives, rejetées dans le fond et la forme».

Dans un communiqué parvenu à notre rédaction, le bureau régional de l’Oms Afrique indique que «depuis le 25 février 2020, date à laquelle l’Algérie a signalé son premier cas de Covid-19 dans la région africaine de l’Organisation mondiale de la santé, l’OMS soutient les efforts de réponse déployés par les autorités sanitaires» et de préciser qu’à la question sur les perspectives actuelles de la pandémie régionale de Covid-19, le Dr Moeti a indiqué lors d’un point de presse que «la région connaît une augmentation constante des cas de Covid-19 et qu’un certain nombre de pays, dont l’Algérie, gèrent les zones à incidence élevée en prenant des mesures de santé publique fortes».

Plus précisément, le Dr Moeti a mentionné : «…quelques zones à incidence élevée devant être gérées dans un certain nombre de pays, comme c’est le cas actuellement en Afrique du Sud, en Algérie, au Cameroun par exemple», précise la même source, soulignant que «les remarques de la directrice régionale ont été mal interprétées par certains médias, qui les ont assimilées à une identification de l’Algérie comme étant une zone à incidence élevée dans la région.

En fait, le Dr Moeti a fait référence à l’Algérie comme étant un exemple à suivre de pays qui gère des zones à incidence élevée, comme le font un certain nombre d’autres pays», corrige le communiqué.

«Les récentes mesures prises en Algérie, qui comprennent la création d’une cellule opérationnelle chargée d’investigation et de suivi des enquêtes épidémiologiques, peuvent renforcer la réponse et l’endiguement des zones à incidence élevée», relève le communiqué. L’OMS indique que son organisation apprécie les efforts que tous les Etats membres, y compris l’Algérie, «ont consentis pour maîtriser la pandémie, tout en atténuant son impact économique.

L’OMS s’engage à continuer de fournir un appui technique et stratégique en matière de santé publique et de soutenir l’Algérie et tous les Etats membres dans leurs efforts de réponse à la pandémie de Covid-19, et à traiter d’autres questions sanitaires prioritaires». «L’Organisation est engagée à améliorer la santé de tout un chacun et à sauver des vies, partout et en toutes circonstances», ajoute l’organisation onusienne.

Invité à réagir à cette réponse de l’OMS suite à la riposte du conseil scientifique du suivi de l’évolution de la pandémie, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, dont il est membre, affirme : «Nous prenons acte de l’appréciation de l’Oms en rétablissant le fait que l’Algérie est parmi les pays à forte réactivité contre la Covid-19.» Et de souligner : «Il serait souhaitable qu’à l’avenir, avant toute appréciation, l’Oms s’assure d’abord de la réalité du terrain de chaque pays.»

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