Appels au calme après une nuit d’émeutes à Boumerdès


Le caractère pacifique du mouvement populaire en a pris un coup dans la nuit de mardi à Naciria, à l’est de Boumerdès, suite aux émeutes ayant éclaté entre des groupes de jeunes et des forces de l’ordre.

Les affrontements ont duré plus de quatre heures avant que le calme ne s’installe à nouveau vers 22h, grâce aux appels à la sagesse lancés par des membres de la société civile pour poursuivre le combat pacifiquement. Une dizaine de jeunes ont été arrêtés ; certains ont été libérés après la fin des hostilités, tandis que trois autres ont été retenus au commissariat jusqu’en milieu de journée d’hier. Ils ont été relâchés après avoir été auscultés par un médecin, attestant qu’ils n’avaient subi aucun mauvais traitement de la part de la police.

Leur libération est intervenue après une marche au centre-ville et l’intervention des représentants de la coordination des comités de village auprès de la police. Ces derniers, comme tous les participants à la marche, ont dénoncé les incidents de la veille et appelé les jeunes à plus de vigilance et à ne pas céder aux provocations. «Cette révolution est celle de la jeunesse. On n’a aucune leçon à leur donner, mais on leur a dit que la violence profite au pouvoir et ne sert pas la noble cause pour laquelle ils se battent depuis plus de neuf mois», souligne Arezki Benameur, représentant du comité des villages. Selon des témoins, les heurts ont eu lieu après qu’un groupe de jeunes ait accédé au siège de la daïra pour saccager les urnes.

Hier, une vaste opération de nettoyage a été initiée au centre-ville pour dégager tous les stigmates des incidents de la veille. Les appels au calme se sont multipliés aussi sur les réseaux sociaux. «Les manifestants doivent rester pacifiques quelles que soient les circonstances. Le pouvoir veut nous entraîner sur le terrain qu’il maîtrise le mieux pour discréditer notre mouvement», estime un internaute. Ces appels interviennent suite à la diffusion d’informations faisant état du caillassage d’un escadron des forces antiémeute à Beni Amrane et de l’arrestation de sept jeunes, libérés en fin de soirée.

A quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, la situation restait tendue dans plusieurs communes de la région. Des marches nocturnes ont eu lieu avant-hier encore à Bordj Menaïel, Issers, Ammal, Boudouaou, Si Mustapha, Dellys, etc. Dans les localités rurales, à l’instar d’Afir, Timezrit et Taourga, le vote risque de se dérouler à huis clos. «Je doute fort qu’il ait des élections ici. Il n’y a ni commissions de vote, ni agents, ni encadreurs. Et on n’a toujours pas ramené les urnes», précise un élus à l’APC de Timezrit.

Au siège de l’Anie, c’est le branle-bas de combat. Débordés et sous pression, ses membres s’affairent à colmater les brèches pour réussir cette opération hautement risquée. Pour minimiser le risque de dérapage, il a été décidé de réduire au maximum le nombre de bureaux de vote, notamment dans les localités frondeuses. Malgré le degré de maturité dont ont fait preuve jusque-là les opposants aux élections, les forces de sécurité sont sur le qui-vive. En plus du renforcement des barrages de contrôle, plusieurs escadrons des forces antiémeute ont pris la direction des communes de l’est de la wilaya pour protéger les urnes et mâter ceux qui oseraient gâcher la fête.

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