Appel à la grève générale : Entre paralysie totale et suivi partiel


L’appel à la grève générale a été massivement suivi en Kabylie, hier, alors que l’action n’a été que partielle dans d’autres wilayas. Dans la capitale, des marches ont été improvisées pour inciter les commercants à baisser rideau. Les étudiants ont initié, quant à eux, un mouvement de grève générale à travers le pays.

Le mot d’ordre de grève générale a plongé la wilaya de Béjaïa dans une paralysie presque totale. A longueur de rues et de boulevards, que des rideaux baissés. A l’exception des pharmacies, des boulangers et du secteur de la santé, Béjaïa s’est transformée, hier, en une wilaya à l’arrêt.

Dans les rues, seuls les véhicules des particuliers circulaient, les bus et minibus se sont éclipsés. Pas la moindre trace de transport urbain et interurbain. Ni même celui des personnels de différentes entreprises. Les véhicules de transport en commun ne pourront rouler pendant cette semaine que pour servir le mouvement populaire, selon les modalités pratiques arrêtées par les initiateurs de la grève, le PAD Béjaïa en l’occurrence.

La gare routière du chef-lieu de wilaya était déserte, en l’absence du service minimum. Les boutiques d’alimentation générale, les cafétérias, les librairies et tous les autres commerces ont répondu en masse à l’appel d’une grève générale de quatre jours, soit tout au long de cette semaine qui finira par un rendez-vous électoral incertain. Les cours ont été suspendus dans tous les établissements scolaires, dans les trois paliers.

Au niveau des deux campus de l’université Abderrahmane Mira, les cours n’ont pas lieu puisque les étudiants sont en grève depuis plus de deux semaines. Tous les travailleurs des administrations ont également fait grève, en réponse au même appel qui a été largement suivi dans le secteur économique. La grève n’a pas épargné les plus importantes et sensibles entités économiques de la wilaya : l’entreprise portuaire, Sonatrach, STH, Naftal, Cevital, Candia…

Même topo dans l’importante zone d’activité d’Akbou, mise en veilleuse : Danone, Soummam… Une banderole informant de l’enclenchement du mouvement de grève générale y est même déployée. La paralysie n’a par contre pas touché l’aéroport Abane Ramdane. Des passagers ont été embarqués, dans la matinée, pour un vol sur Paris, qui finalement a été annulé pour cause de perturbations météorologiques. Un autre avion en provenance de France a été annoncé pour le début de l’après-midi.

L’atmosphère particulière qui a régné dans toute la wilaya s’est installée sous un ciel pluvieux qui a marqué la journée d’hier. Il a plu des trombes, mais cela n’a pas empêché l’organisation d’une marche qui a mobilisé quelques centaines de manifestants sur l’esplanade de la Maison de la culture, abrités sous leurs parapluies.

Sous la pluie, ils ont entamé une longue marche en passant par les entreprises se trouvant au port et à l’arrière-port pour s’assurer de leur adhésion à la grève. Pendant toute la semaine précédente, ils ont fait le même itinéraire pour prôner le même mot d’ordre et exprimer leur disponibilité à défendre tout travailleur gréviste qui viendrait à être sanctionné par son employeur.

Le premier jour de la grève a aussi été marqué par des actions de rue malgré le temps pluvieux, comme dans la ville de Kherrata qui ne se démobilise pas. On a marché aussi à Seddouk sur fond de paralysie. Depuis l’arrestation du militant du RAJ Ouicher Fouad, Seddouk compte quatre détenus parmi sa population.

A 17h, les commerces ont rouvert pour permettre aux citoyens de s’approvisionner en denrées alimentaires avant de refermer pour trois autres jours et continuer à observer la grève que ses initiateurs ont voulue politique, parce que visant à faire avorter l’élection et à contribuer à déstabiliser le pouvoir en place.

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