Appel à des actions de protestation en signe de soutien aux détenus


Lancé à l’initiative du comité national pour la libération des détenus (CNLD)

Le CNLD appelle à la grève générale et à un rassemblement des mamans et des familles de détenus, aujourd’hui sur la place Maurice Audin (Alger).

Le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), réuni samedi 23 novembre à Alger, a appelé à une grève générale, dans tous les secteurs à travers le territoire national, afin «d’exiger la libération des détenus d’opinion et l’arrêt immédiat de la répression judiciaire». «Le CNLD, fidèle à ses engagements et missions, réuni samedi 23 novembre à Alger pour évaluation de la situation, appelle l’ensemble des Algériennes et Algériens, toutes les forces vives du pays, à une grève générale, dans tous les secteurs à travers le territoire national, pour la journée du jeudi 28 novembre», précise le comité dans l’appel rendu public à l’issue de sa réunion du début de semaine.

Le comité appelle également la société civile à rejoindre le rassemblement des mamans et des familles de détenus, prévu le même jour à 14h, sur la place Maurice Audin (Alger). L’adhésion des associations de la société civile et des syndicats est souhaitée pour faire aboutir les actions. «Nous espérons l’adhésion de la population. Pour la réussite de l’action, nous avons souhaité l’implication de l’ensemble des syndicats autonomes.

Il y a eu déjà l’adhésion des étudiants, dont les représentants étaient présents lors de la réunion du syndicat de l’université de Tizi Ouzou et du Cosyfop (Confédération syndicale des forces productives), qui a signé une déclaration de soutien à notre action», signale Kaci Tansaout, coordinateur du CNLD. Le Comité, installé après les arrestations de manifestants du mouvement citoyen, a déjà appelé l’opinion publique à se solidariser avec les familles des détenus.

L’action organisée le 5 octobre a été réprimée : des marcheurs ont été arrêtés, certains d’entre eux sont toujours en détention. «Il y a eu ces derniers mois des appels à des actions de soutien aux familles de détenus. D’ailleurs, je rappelle qu’à ce jour, deux manifestants sont toujours en détention préventive depuis le 7 octobre. Il s’agit de Mesrouk Amar (Ali) et Bouchenane Omar», déplore le coordinateur.

L’appel à la grève, comme celui lancé ces derniers jours par le Cosyfop, n’a pas eu l’adhésion des personnes impliquées dans les actions d’aide aux familles des détenus. «Une telle action (appel à la grève d’aujourd’hui) nécessite l’implication de toutes les forces. Il faut une structure, du temps et une véritable communication. Par contre, je pense que le ‘‘rassemblement des mamans’’, une action circonscrite, peut se tenir», fait remarquer une source qui a requis l’anonymat.

Ces derniers mois, des appels à une grève nationale sont lancés régulièrement. L’adhésion des citoyens n’était pas toujours au rendez-vous. Le sociologue Nacer Djabi fait le distinguo entre les appels à la grève lancés dans des secteurs particuliers, comme l’éducation, et ceux liés au moment particulier que vit le pays. «On ne peut pas comparer une grève socioprofessionnelle et une grève politique dans un contexte électoral. Il faut prendre en compte qui appelle à cette grève, les objectifs et le moment particulier», a précisé M. Djabi, qui a longuement travaillé sur le monde syndical algérien et les soubresauts qui l’ont marqué depuis les premières luttes post-indépendance.           

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