Air Algérie : Les défis qui attendent le nouveau PDG par intérim


Amine Debaghine Mesraoua, nommé au poste de PDG par intérim de la compagnie aérienne nationale Air Algérie, en remplacement de Bekhouche Allache, sera confronté à de grands défis.

Ayant occupé plusieurs postes dans le secteur du transport aérien, Amine Debaghine Mesraoua a été le conseiller du PDG d’Air Algérie, expert international en aviation civile et représentant de l’Algérie et du Maghreb au conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) 2016/2019 au Canada, il fera face à une situation peu reluisante.

Il aura en priorité la délicate mission de faire redécoller la compagnie dans un contexte très défavorable, marqué par une crise économique persistante, aggravé par les effets de la Covid-19. Et en dépit de la crise, elle a des charges incompressibles, à savoir la maintenance des avions, la location des sièges, les charges des fournisseurs et prestataires et les salaires.

Il devra aussi, comme l’a exigé le président de la République, revoir en urgence «le mode de gestion d’Air Algérie».

Une compagnie qui souffre d’une pléthore d’effectifs et qui doit diminuer aussi le nombre de ses agences commerciales à l’étranger. En effet, les grandes compagnies mondiales ont muté depuis longtemps vers les réservations et la vente en ligne, alors qu’Air Algérie continue à s’appuyer sur ses agences dans plusieurs pays, un poste de dépense très important en devises (loyer et masse salariale). Air Algérie possède 43 agences à l’international, réparties entre 26 pays. En France et en Espagne, la compagnie compte plusieurs agences.

L’enjeu de la digitalisation

Le secteur du voyage est l’un des premiers à s’être développé avec l’essor du e-commerce. La digitalisation est un enjeu majeur. On note que la majorité des voyageurs réservent et achètent leurs billets en ligne. Les compagnies aériennes ont très vite compris là où il faut se positionner pour capter une grande partie de la clientèle.

Le PDG par intérim d’Air Algérie aura aussi comme tâche de revoir de fond en comble les opérations de rapatriement tant décriées sur les réseaux sociaux. Plusieurs vols rentrent avec des sièges vides, bien que la demande soit importante ! Le successeur de Bekhouche Allache a déjà plaidé pour une ouverture des frontières et une reprise des vols de manière lucide et intelligente. Dans une contribution au journal Liberté du 21 décembre 2020, il écrit : «Il va falloir gérer une façon de vivre avec le virus.

Mais cela ne signifie pas nécessairement détruire l’aviation, risquer des millions d’emplois, paralyser les économies et déchirer le tissu social international.» Il ajoute : «Les frontières peuvent être ouvertes en toute sécurité aujourd’hui grâce à des tests Covid-19 systématiques.

La technologie existe. Au-delà des tests PCR dont les analyses exigent une certaine attente, les tests antigènes rapides fournissent des résultats fiables, avec plus de 95% de précision, en 15 minutes ou moins. Et les nouvelles technologies de test en cours de développement pourraient être encore meilleures.» Mais aura-t-il les coudées franches pour diriger la compagnie ?

Il faut signaler que le plan de restructuration de la compagnie a été un dossier épineux traité par les nombreux PDG qui se sont succédé à ce poste de responsabilité, convaincus qu’Air Algérie n’avait d’autre choix que de se conformer aux standards internationaux pour espérer faire face à la concurrence féroce des compagnies internationales, mais sans que des décisions concrètes et courageuses soient prises, ni par la direction générale ni par l’Etat propriétaire.

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