Accord Ali Haddad-cabinet de lobbying américain : Le parquet de Sidi M’hamed ouvre une information judiciaire


L ’ancien président du FCE Ali Haddad, rattrapé par une nouvelle affaire ! En prison depuis plus d’une année, le patron du groupe ETRHB, qui purge actuellement une peine de 18 ans de réclusion, est sous le coup d’une nouvelle enquête.

Celle-ci concerne le contrat signé, en juillet dernier en France, avec un cabinet de lobbying américain, en l’occurrence Sonoran Policy Group, une firme fondée par Robert Stryk, qui est un proche du président américain, Donald Trump. D’un montant de 10 millions de dollars, cet accord suscite l’intérêt de la justice algérienne, qui lance officiellement une enquête.

En effet, le parquet du tribunal Sidi M’hamed annonce officiellement l’ouverture d’une information judiciaire pour mettre au clair cette affaire. «Dans le cadre de l’affaire Haddad Ali relative à la transaction de 10 millions de dollars transférés au profit d’un cabinet de lobbying, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Sidi M’hamed contre le sus-indiqué ainsi que la dénommée Sabrina Ben», indique le parquet dans un communiqué repris, hier, par l’APS. Selon la même source, le juge d’instruction en charge de ce dossier «a décerné des commissions rogatoires».

Le parquet général près la cour d’Alger a annoncé, au début du mois d’août dernier, l’ouverture d’une enquête préliminaire «suite aux informations relayées par certains titres nationaux au sujet d’un contrat conclu par des représentants du prévenu Haddad Ali avec une société américaine d’un montant de 10 millions de dollars».

L’enquête préliminaire, ouverte conformément aux dispositions de l’article 11 du code de procédure pénale, vise, selon le parquet d’Alger, à «déterminer les circonstances de conclusion de ce marché et en définir le véritable objectif». L’affaire a suscité une réaction du président Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de la dernière rencontre gouvernement-walis. «Ils sont en prison et leurs millions de dollars sont distribués à l’étranger. Qui a donné les ordres ? Qui a sorti ces millions de dollars ? Le peuple doit savoir», avait-il déclaré.

L’information concernant cette affaire a été révélée, rappelons-le, le 29 juillet dernier par le média indépendant américain Foreign Lobby. Il a été conclu le 26 juillet dernier et il court, selon la même source, jusqu’au 25 juillet 2021.

Le contrat a été paraphé, ajoute la même source, par une personne s’identifiant sous le nom de Sabrina Ben. Résidant au 8e arrondissement de Paris, cette dernière se présente comme étant «une conseillère principale de Ali Haddad». Selon l’ancien diplomate du département d’Etat spécialiste de l’Afrique du Nord et professeur à la School of International Service de l’université américaine, William Lawrence, l’accord a un lien direct avec les ennuis judiciaires de Ali Haddad en Algérie. «Je soupçonne que parce que le nouveau régime algérien est relativement faible et parce qu’il va, à un moment donné, s’attirer les faveurs des Etats-Unis, l’objectif de Ali Haddad serait de s’attirer les faveurs des Américains les plus puissants afin que son destin soit inclus dans la conversation avec l’Algérie», avait-il déclaré à Foreign Lobby Report.

Et d’ajouter : «Si les procès sont vus comme équitables, il n’y aura même pas de discussion. Mais si les procès sont considérés comme inéquitables, avec une opération de nettoyage sans vrai nettoyage, alors une réévaluation de l’affaire Haddad ferait partie de ce processus. Et je pense que c’est ce que Haddad espère.»

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