Abdelwahab Fersaoui. Président du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) : La mobilisation pacifique doit se poursuivre pour garantir le passage vers une nouvelle République


Après plus de trois mois de mobilisation pacifique, plusieurs acquis sont arrachés, mais la revendication principale du mouvement, à savoir le changement du système, tarde à voir le jour. Le pouvoir réel incarné par le commandement militaire n’a pas affiché la volonté politique pour le changement du système. Il continue sa fuite en avant.

Il compte sur le temps, l’usure et la manipulation pour affaiblir le mouvement et contenir la contestation. Il refuse la période de transition et insiste sur la solution constitutionnelle en voulant imposer une élection présidentielle le plus tôt possible, alors que cette élection est rejetée par la rue. Elle n’est pas une fin en soi et elle ne constitue pas une solution à la crise politique que vit l’Algérie. Au contraire, elle prolongera la crise et permettra au système actuel de se régénérer. Pour réussir ce mouvement, une période de transition est inéluctable.

Nous devons tous transformer le consensus populaire en un projet d’une transition démocratique consensuelle qui va remettre le pouvoir au peuple et mettre les premiers jalons d’un Etat de droit, de démocratie, où tous les Algériens-es se reconnaîtront et pourront vivre ensemble dans le respect de leurs droits et de leurs diversités.

Une période de transition s’impose avant de revenir à la légalité constitutionnelle, une période qui aura ses propres mécanismes et institutions indépendamment des symboles du système, à savoir une présidence collégiale, un gouvernement de transition et une commission de préparation des élections souveraine. Ajoutons à cela l’abrogation des lois liberticides liées à l’exercice politique, syndical, associatif et de presse. Cela devrait prendre le temps qu’il faut.

Comme il est bien illustré dans le mouvement, nous voulons un changement pacifique, apaisé et non brutal. Cela nécessite un dialogue ouvert, inclusif et sans conditions autour de la transition et du transfert du pouvoir au peuple, un dialogue dans un environnement favorable avec la levée de toutes les entraves liées aux libertés publiques et à l’occupation des espaces publics, cesser les interpellations et libérer les détenus d’opinion.

Durant cette période, la classe politique et la société civile sont interpellées à être à la hauteur de ce mouvement en créant des jonctions et des synergies, de mettre de côté leurs égoïsmes et d’être concrètement aux côtés du peuple.

Pour cela, la mobilisation pacifique doit se poursuivre dans la durée. C’est la seule garantie possible pour la réussite du passage vers une nouvelle République.

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