Abdelouahab Fersaoui retrouve la liberté après sept mois de détention : «Je suis prêt à sacrifier un peu de ma liberté pour l’idéal du hirak»


Le président de l’association RAJ, Abdelouahab Fersaoui, et l’activiste Boualem Daouadji ont quitté, hier matin, la prison d’El Harrach. Les deux hommes ont bénéficié d’une réduction de leurs peines prononcées en première instance, à l’issue de leur procès en appel qui a eu lieu durant la journée de dimanche dernier à la cour d’Alger.

Le verdict a été prononcé très tard dans la soirée : une année de prison, dont six mois ferme pour Abdelouahab Fersaoui et six mois de prison avec sursis pour Brahim Daouadji. Ce qui signifie la fin de leur détention qui durait depuis sept mois pour le premier et près de trois mois pour le second.

La nouvelle a vite fait le tour des réseaux sociaux. De nombreux militants et activistes n’ont pas manqué, en effet, de pousser un véritable ouf de soulagement. Ils saluent surtout la mobilisation du collectif des avocats qui a dû sacrifier le «ftour en famille» pour venir défendre la cause des deux militants et attendre, jusqu’à 23h, les délibérations du juge.

Des dizaines d’entre eux ont également fait le déplacement, hier matin, à la prison d’El Harrach pour accueillir les deux détenus d’opinion qui n’ont montré aucun signe de fléchissement, malgré la dureté des moments qu’ils venaient de traverser. Ils se sont montrés déterminés à ne rien abandonner de leur engagement pour la réalisation des objectifs du mouvement populaire du 22 février.

C’est le cas, notamment, pour le président de l’association RAJ. «Je suis prêt à sacrifier un peu de ma liberté pour réaliser l’idéal du hirak du 22 février, à savoir la réalisation d’un véritable changement et l’instauration d’un Etat de droit», nous a-t-il déclaré au téléphone, quelques minutes après avoir quitté la prison. Disant être très content d’avoir «retrouvé sa liberté, sa famille et ses amis», Abdelouahab Fersaoui garde toujours une pensée pour les détenus d’opinion toujours maintenus en détention.

«En tant que militant, ma liberté ne sera pas totale sans la libération de tous les détenus du hirak. Il y a encore de nombreux détenus qui croupissent en prison, on ne doit pas les oublier et nous devons rester mobilisés», affirme-t-il.

Abdelouahab Fersaoui précise, toutefois, que cette libération «ne doit pas nous détourner du but essentiel que s’est fixé le hirak qui est le changement radical du système et la construction d’un Etat de droit et des libertés». «On doit rester mobilisés et unis pour parvenir à ce but», précise-t-il.

Remerciant tous ceux qui ont soutenu les détenus, dont les manifestants du hirak, les militants et les partis politiques, Abdelouahab Fersaoui tient à rendre un hommage appuyé aux avocats. «Je rends particulièrement un vibrant hommage aux avocats qui nous ont accompagnés sur les plans psychologique et juridique. Ils ont fait ce travail bénévolement et ils méritent tous les encouragements», indique-t-il.

Pour sa part, l’activiste de Mostaganem, Brahim Daouadji, dénonce l’oppression des innocents. «Le fait que des innocents se retrouvent en prison avec les membres de la îssaba (bande) signifie que la lutte doit se poursuivre pour l’édification d’un Etat de droit, des libertés et un Etat civil», explique-t-il.

Post Views: 178