A la veille de l’Aïd El Adha : Le manque de liquidités persiste


Le problème de manque de liquidités persiste et s’amplifie, à la veille de la fête de l’Aïd El Adha, prévue vendredi prochain. Après les bureaux de poste, c’est au tour des guichets automatiques bancaires d’en être affectés.

De nombreux clients de banques privées et publiques se plaignent du manque de liquidités. Mais c’est surtout au niveau de la poste que le problème prend de l’ampleur. L’installation d’une commission, chargée de «veiller» à la disponibilité des liquidités, composée de représentants d’Algérie-Poste (AP) et de la Banque d’Algérie, n’arrive pas à enrayer ce phénomène qui remonte à plusieurs mois. Incapable de satisfaire la demande de ses clients, AP avait décidé de plafonner à 30 000 DA la somme de retrait au niveau des Distributeurs automatiques bancaires (DAB) et de garder les agences ouvertes durant le prochain week-end dans les grandes wilayas.

Largement critiquée pour sa gestion des liquidités, AP a multiplié les déclarations, évoquant un problème conjoncturel lié à la crise sanitaire. Imène Toumi, directrice centrale des communications et des relations internationales à AP, a imputé récemment le manque de liquidités au ralentissement des activités économiques.

Les opérations de dépôt de liquidités au sein des agences et bureaux de poste sont à l’arrêt depuis le début du confinement sanitaire, alors que les retraits se sont poursuivis de manière continue, a-t-elle précisé, notant que les clients de l’entreprise publique ont retiré quelque 370 milliards de dinars des bureaux de poste au mois de juin passé. Elle a rappelé la création d’une commission mixte avec la Banque d’Algérie, chargée de «veiller» à la disponibilité des liquidités.

Pour sa part, le ministre de la Poste et des Télécommunications, Ibrahim Boumzar, qui a refusé de parler de «crise» de liquidités, a expliqué que les «perturbations» enregistrées dans les bureaux de poste sont dues à l’afflux massif de citoyens pour retirer leur argent en prévision de la fête de l’Aïd Al Adha.

Le ministre de la Poste a confirmé la décision d’AP de plafonner les retraits au niveau des distributeurs automatiques à 30 000 DA. Ibrahim Boumzar a relevé que cette décision «permettrait à tout un chacun d’encaisser son argent et régler du coup le problème du manque de liquidités». Interrogé début juillet sur le manque de liquidités, le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, a imputé ce phénomène au «ralentissement de la dynamique économique et financière du fait de la Covid-19, qui plus est, l’économie algérienne repose sur le versement en espèce, ce qui requiert une grande liquidité», soutenant que le pays s’achemine vers la numérisation de l’économie et des transactions, qui mettra fin au problème de liquidités. Plusieurs semaines après le début de la crise, la Banque d’Algérie, qui alimente AP en liquidités, garde toujours le silence.

A noter que la liquidité globale des banques, «a poursuivi sa baisse en 2020, passant de 1557,6 milliards de dinars à fin 2018, à 1100,8 milliards de dinars à fin 2019, pour atteindre 916,7 milliards de dinars à fin mai 2020, soit une contraction de 184,2 milliards de dinars par rapport à son niveau enregistré à fin 2019», selon une note de conjoncture de la Banque d’Algérie rendue publique début juin.

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