8e lundi de solidarité avec Drareni : Cet ultime îlot urbain de liberté…


Pour le 8e lundi consécutif, plusieurs confrères, militants, avocats, étudiants, activistes… se sont retrouvés vers 12h30 à la maison de la presse Tahar Djaout pour renouveler leur soutien à Khaled Drareni et à l’ensemble de nos citoyens injustement incarcérés.

Le rassemblement a été ainsi l’occasion d’entretenir et d’inscrire dans la durée cet élan solidaire à l’intérieur de cet «ultime» carré de liberté que constitue désormais la cour de «Dar Essahafa», l’un des tous derniers îlots urbains, en effet, d’expression collective «toléré» à Alger.

Les manifestants ont scandé, comme à l’accoutumée, les slogans rituels : «Sahafa horra adala moustakilla !» (Presse libre, justice indépendante), «Khaled Drareni sahafi horr !» (Khaled Drareni journaliste libre), «Djazaïr horra dimocratia !» (Algérie libre et démocratique), «Libérez les otages !», «Dawla madania, machi askaria !» (Pour un Etat civil, pas militaire)…

Le rassemblement, c’est aussi l’occasion d’effectuer un travail de veille, de faire le point sur les dernières arrestations. De prendre des nouvelles des confrères qui subissent des pressions, y compris judiciaires, préludes, à Dieu ne plaise, à une éventuelle privation de liberté comme cela s’est produit avec notre frère Khaled, et ce, pour avoir simplement fait leur job.

Et l’un des cas ayant soulevé un vif émoi ces derniers jours et déclenché un vaste mouvement de solidarité, c’est l’affaire de notre ami El Kadi Ihsane, fondateur et directeur de Maghreb Emergent et Radio M, et l’un des initiateurs de ces sit-in du lundi.

Pour rappel, Ihsane a été invité dernièrement à se présenter à la brigade de gendarmerie de Bab J’did. On avait craint le pire, le souvenir de Khaled et les péripéties qu’il a vécues dans les méandres des appareils de sécurité de l’Etat avant son inculpation étant dans tous les esprits.

Si «l’entretien» qui s’est déroulé mercredi 7 octobre dans les locaux de Bab J’did était plutôt rassurant, un communiqué du parquet de Sidi M’hamed, rendu public un peu plus tard dans la journée, n’a pas manqué de susciter quelques inquiétudes légitimes. Le parquet près le tribunal de Sidi M’hamed y précisait que notre confrère «fait l’objet d’une instruction préliminaire pour des plaintes et faits susceptibles d’être qualifiés de pénaux».

Commentant ces nouveaux développements judiciaires, Ihsane décrypte : «A mon avis, ce n’est pas l’Armée, ce n’est pas le MDN, et ce n’est pas la Présidence qui sont derrière la plainte. Je pense que c’est Ammar (Belhimer, ministre de la Communication, ndlr) qui l’a actionnée. C’est le seul qui, publiquement, a annoncé qu’il allait déposer plainte, et je pense qu’il a fini par le faire.» Nous y reviendrons dans notre édition de demain.

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