56e acte de la mobilisation à Constantine : Détermination à poursuivre le mouvement citoyen


Les Constantinois ont encore battu le pavé, hier, pour revendiquer un changement radical du système de gouvernance. En dépit de la crise sanitaire qui secoue bon nombre de pays, dont le nôtre, les manifestants ont occupé la rue, en ce 56e vendredi de la contestation, sans véritablement faire preuve de vigilance.

Rares sont ceux qui se sont munis de masques. «Avec le décès de deux cas du Covid-19, la nonchalance dans les actes et les propos aurait dû être abandonnée, mais visiblement ça n’est pas le cas», fait remarquer une hirakiste, alors qu’autour d’elle on scandait : «Entouma ghir ekhtouna, entouma el irhab, entouma el corna !» (Partez et laissez-nous, le terrorisme et le coronavirus, c’est vous).

Jeudi, plusieurs figures du hirak ont appelé à la prudence pour préserver le mouvement citoyen. La menace du coronavirus sur la poursuite du mouvement populaire est à ne pas négliger, ont soulevé des hirakistes sur les réseaux sociaux. «Entre les manœuvres de la contre-révolution, les tentatives d’infiltration, les pressions sur les activistes, le Covid-19 est une autre menace qui peut affaiblir le hirak», dira l’irréductible Hocine.

Dans cette promiscuité qu’offre la foule sillonnant les artères de la ville, les plus prudents gardaient leurs distances. «Distancer les rangs et les carrés, éviter les poignées de main et les embrassades, ne jamais échanger les bouteilles d’eau, se nettoyer les mains avec du gel hydro-alcoolique si c’est possible», sont autant de consignes diffusées pour mettre à l’abri cette marée humaine qui veille au maintien, pour la deuxième année consécutive, de la dynamique citoyenne. Et de saisir aussi l’occasion de cet imposant rassemblement pour vulgariser les mesures préventives contre cette pandémie qui a mis en alerte l’ensemble de la planète.

Le long du traditionnel itinéraire, les centaines de manifestants ont scandé : «Dawla madania, machi askaria !» (Etat civil, non militaire), insistant ainsi sur le primat du civil sur le militaire dans l’édification de la nouvelle Algérie et sur ses corollaires, la justice sociale, le respect des liberté et la séparation des pouvoirs. D’ailleurs, des pancartes appelant à l’exercice de la souveraineté par le peuple via les articles 7 et 8 de la Loi fondamentale du pays sont, 13 mois durant, toujours brandies. Preuve que le système en place veille au maintien du statu quo. En passant devant le tribunal, le mouvement ralentit pour dénoncer «Adalate ettilifoun !» soit une justice aux ordres, et appeler à la libération des détenus d’opinion. Sur une banderole imposante, il est écrit : «El hirak moustamir !» comprendre le hirak n’abdique pas, il se poursuit. Réponse du berger à la bergère.

Post Views: 0