50e vendredi de protestation à Tizi Ouzou : «Le combat pour la liberté continue»


La protestation pour le départ du système continue de mobiliser les citoyens dans la wilaya de Tizi Ouzou.

Les participants à la marche du 50e vendredi depuis le début du mouvement populaire enclenché, à l’échelle nationale, le 22 février dernier, ne veulent aucunement lâcher prise en dépit de toutes les manœuvres du pouvoir qui veut, selon les manifestants, jouer la carte de la normalisation.

Les milliers de personnes qui ont ainsi battu le pavé hier, dans la capitale du Djurdjura, ont réaffirmé que la détermination citoyenne est toujours au rendez-vous. «Le mouvement continuera d’exister jusqu’à la satisfaction des revendications du hirak, car, jusque-là, rien n’a été arraché, si ce n’est le changement d’un Président par l’un des membres de sa caste», fulmine un jeune marcheur qui scandait, à gorge déployée, «Pour un changement radical du système !»

Un autre laisse entendre que «la lutte doit se poursuivre jusqu’au départ de tous les symboles du régime qui a spolié les richesses du pays». Les marcheurs ont porté également plusieurs pancartes dénonçant l’exploitation du gaz de schiste. «Non à l’exploitation du gaz de schiste» et «Non au bradage de notre Sahara», lisait-on, entre autres, sur les multiples étendards brandis par la foule qui n’a pas cessé de crier haut et fort : «Pouvoir assassin !» et «Primauté du civil sur le militaire !» «L’Eniem meurt, Total s’installe !», «Le combat pour la liberté continue !» était-il mentionné aussi sur d’autres panneaux contreplaqués suspendus par les manifestants qui s’élèvent contre cette mesure qui n’arrange, estiment-ils, que les intérêts des puissances étrangères. «Le pouvoir veut acheter de la légitimité à l’international en bradant les richesses du pays, sinon comment comprendre l’histoire du gaz de schiste alors que cette question a été rejetée en bloc depuis des années par les Algériens, notamment les populations du sud du pays.

Donc, les décideurs ne prennent jamais en considération le choix du peuple», martèle un père de famille en colère. «C’est la mafia qui sévit encore dans les institutions du pouvoir pour mater le citoyen qui ne revendique que ses droits légitimes. Donc, inéluctablement, la rupture avec le système en place est la seule solution pour une nouvelle Algérie basée sur les fondements d’un Etat de droit», ajoute-t-il avec beaucoup de détermination.

D’autres remettent sur le tapis l’exigence d’une Assemblée constituante souveraine qui peut, selon eux, régler le problème de la légitimité de la Loi fondamentale du pays. Des élus du RCD, du FFS et du PT ainsi que des initiateurs de la charte ALD étaient dans la foule, qui s’est ébranlée devant le portail principal du campus universitaire de Hasnaoua jusqu’à la placette du Mémorial des martyrs de la Guerre de Libération nationale via le centre-ville. La libération des détenus du mouvement populaire qui croupissent encore dans les geôles du pouvoir, comme Karim Tabbou, Samir Benlarbi, Fodil Boumala et bien d’autres, était parmi les revendications des participants au 50e vendredi de protestation pour le départ du système.

Par ailleurs, les milliers de personnes qui ont pris part à la marche du hirak, hier, dans la ville des Genêts ont dénoncé la rencontre organisée, jeudi, par «ceux qui s’autoproclament représentants de la société civile pour inviter Abdelmadjid Tebboune à visiter la wilaya de Tizi Ouzou». «La société civile de Tizi Ouzou continue à marcher contre le système et contre les relais locaux du pouvoir en Kabylie», souligne Kaci Tansaout, coordinateur du Comité national pour la libération des détenus du mouvement populaire.

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