48e acte de la mobilisation à l’est : Une Assemblée constituante revendiquée à Constantine


chaque vendredi, la rue constantinoise affirme davantage ses aspirations à une rupture radicale avec le pouvoir et ses symboles. Son exigence quant à une transition via une Assemblée constituante s’impose, à ses yeux, comme ultime voie pour l’avènement de la IIe République.

Hier, pour le 48e acte de la contestation, la même revendication a été portée haut et fort à travers les slogans et les banderoles. Le premier carré de manifestants a entrepris le circuit traditionnel en clamant le droit du peuple à présider sa destinée. Ni le bruit assourdissant de l’hélicoptère qui survole le centre-ville ni les baltaguia, en rangs, sur le trottoir d’en face n’ont réussi à les détourner de leur voie.

Résistance était le mot d’ordre pour ce nouveau vendredi de la mobilisation contre un système de gouvernance, honni et désavoué par la majorité du peuple. «Nous résistons dans notre combat, le peuple est source du pouvoir, il est légitime dans ses aspirations», peut-on lire sur une pancarte. A partir de 15h, l’affluence sur le point de ralliement, devant le palais de la culture Mohamed Laïd Al Khalifa, ne connaît plus d’interruption. Une foule compacte s’est formée et la procession s’est ébranlée pour sillonner les principales artères de la ville.

En dépit de sa mise devant le fait accompli en lui imposant un président de la République qu’il estime illégitime, le hirak maintient sa trajectoire, susceptible de le conduire au changement escompté. «Nous insistons sur les fondamentaux, nous ne nous raviserons pas, le hirak, qui bouclera dans un mois sa première année, ne reculera jamais en si bon chemin», dira un manifestant, favorable à la structuration du mouvement : «Organisons-nous, préservons notre unité et nos acquis de la contre-révolution.»Des arguments qui reviennent tel un leitmotiv devant l’entêtement du régime, voulant se maintenir en place à tout prix. «Tebboune mzaouar, jabouh el aâsker !» (Tebboune l’illégitime, ramené par l’armée), est-il scandé. Face aussi aux velléités de torpiller le combat pacifique par le truchement de décisions s’inscrivant en porte- à-faux avec les revendications populaires. «L’amendement de la Constitution est une manœuvre, elle n’émet d’aucune volonté politique», peut-on lire sur un écriteau.

Les détenus d’opinion n’ont pas été oubliés. Il est toujours des messages de soutien à leur égard : «Restons mobilisés jusqu’à la libération de tous les détenus». La foule a encore fustigé un pouvoir qui excelle dans la répression : «Le droit de manifester est consacré dans la Constitution, que cesse donc la répression contre les manifestants dans toutes les régions du pays».

Ce 48e vendredi, hasard du calendrier, a coïncidé avec le 65e anniversaire de la mort de Didouche Mourad, tombé au champ d’honneur, le 18 janvier 1955, dans la bataille de Douar Souadek, dans la commune de Zighoud Youcef, à Constantine. Sa fameuse déclaration : «Si nous venons à mourir, défendez notre mémoire», a résonné, hier, tel un nouveau serment pour le hirak, celui d’œuvrer à l’avènement d’un Etat civil, démocratique et égalitaire.     

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