43e mardi des campus à Constantine : Inaltérable mobilisation estudiantine


Ils ont battu le pavé pour le 43e mardi de la contestation, celui d’après l’élection présidentielle du 12 décembre. Revigorés et mobilisés, les étudiants de Constantine ont marché depuis le campus central de l’université Frères Mentouri jusqu’au centre-ville.

Pour cette saison II du hirak, la communauté universitaire affiche sa détermination inaltérable et clame les revendications citoyennes comme jamais. Arrivés à la place Colonel Amirouche, la procession, attendue par les citoyens, a emprunté la boucle habituelle, en présence d’un dispositif sécuritaire allégé. Les manifestants ont pris ainsi à témoin non seulement l’ensemble des passants, mais aussi l’opinion publique.

Ils ne failliront pas dans leur engagement, dans leur lutte, encore plus maintenant que le hirak est à la croisée des chemins. «Le dialogue dont on parle ne peut être qu’une velléité de destruction du mouvement populaire, à nous d’être vigilants et de nous structurer pour éviter les infiltrations et la démobilisation», indique une enseignante. L’actualité de ces derniers jours n’est pas passée inaperçue. Les étudiants en ont parlé via des slogans et des pancartes.

Le slogan «Makanch intikhabate maa el îssabate !» n’étant plus de mise a disparu. Il a été troqué pour d’autres. La communauté universitaire a toujours su renouveler ses slogans, les adapter aux évolutions des situations.

L’indétrônable «Dawla madania machi askaria !» a été scandé haut et fort avec «Ô ya îssaba, inthikhabate zawartouha, raïs mahouche charaii wa hna manache habssine !» (Ô le gang, les élections ont été truquées, le Président n’est pas légitime et nous ne nous arrêterons pas), ou encore «Ô ya îssaba, habine yathawrou maâna, wa hna rana rafdine, khawetna fi essoujoune !» (Ils veulent dialoguer, mais nous refusons tant que nos frères sont en prison).

La marche d’hier a été placée sous le sceau de la solidarité. Solidarité avec les détenus d’opinion. Ils sont plus de 300, selon les statistiques du Comité national pour la libération des détenus, à croupir en prison.

Leur libération sans préalable a toujours été le cheval de bataille du hirak, une mesure d’apaisement réclamée depuis des mois afin de jauger les intentions du pouvoir. Aujourd’hui que Abdelmadjid Tebboune est élu président de la République, la position du mouvement populaire à l’égard de cette question reste immuable. Solidarité aussi avec les victimes de la répression policière qui s’est abattue dans les journées de jeudi et vendredi derniers, soit le jour du scrutin électoral et le lendemain, sur les manifestants à Oran, Boumerdès et Bouira. D’ailleurs plusieurs étudiants avaient un œil bandé avec du sparadrap en solidarité avec ces jeunes qui en ont perdu un à cause de tirs de balle en caoutchouc.

Le cas d’Anis, un étudiant en mastère de communication à l’université de Tizi Ouzou, a été abordé. Son état médical qui, a priori, nécessite une prise en charge à l’étranger a été relayé via les réseaux sociaux. Les étudiants à Constantine ont appelé à cet effet à une collecte lors du forum qui a clôturé la marche hebdomadaire.

Naïma Djekhar

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