
La Tunisie visée par un marché des data centers et de l’IA à plusieurs milliards.
Le marché africain des centres de données devrait atteindre 8,76 milliards de dollars d’investissements d’ici 2031, selon le rapport du cabinet Arizton Advisory & Intelligence. La Tunisie est identifiée comme un futur point potentiel d’interconnexion numérique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, mais le rapport ne cite aucun projet concret ou investissement spécifique déjà engagé en Tunisie.
Le marché des centres de données en Afrique connaît une forte dynamique et devrait atteindre 8,76 milliards de dollars d’investissements d’ici 2031, d’après un rapport du cabinet Arizton Advisory & Intelligence. Cette tendance, favorisée par l’intelligence artificielle, le cloud et la digitalisation des économies, place la Tunisie parmi les pays émergents à fort potentiel, avec le Maroc.
Dans le rapport intitulé Africa Data Center Market Landscape 2026-2031, on note que les investissements dans les centres de données en Afrique ont déjà atteint 3,64 milliards de dollars en 2025, avec une croissance annuelle moyenne estimée à 15,76 % entre 2025 et 2031. Le segment de la colocation, qui consiste à partager des infrastructures numériques, connaît une croissance encore plus rapide, estimée à 23,74 % par an, ce qui reflète le changement des stratégies des entreprises vers des solutions flexibles et externalisées.
Actuellement, les principaux pôles du marché africain demeurent en Afrique du Sud, au Kenya, au Nigeria et en Égypte, qui dominent grâce à leurs infrastructures télécoms avancées, leur connectivité internationale et une demande croissante pour des services cloud. L’Égypte se démarque particulièrement avec un coût de construction estimé entre 8 et 10 dollars par watt, faisant d’elle l’un des marchés les plus compétitifs du continent pour les nouvelles infrastructures numériques.
Cependant, la dynamique évolue. Le rapport souligne l’émergence de nouveaux marchés, notamment en Afrique du Nord, où la Tunisie et le Maroc deviennent de plus en plus attrayants.
La Tunisie est identifiée comme un futur point potentiel d’interconnexion numérique entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient, grâce à plusieurs facteurs structurels. Le rapport met en avant deux éléments clés : la proximité géographique avec l’Europe et la connexion à plusieurs câbles sous-marins internationaux traversant la Méditerranée. Ces infrastructures permettent de positionner progressivement la Tunisie comme un hub numérique régional, capable d’accueillir ou de relayer des flux de données internationaux, notamment dans un contexte de croissance rapide de l’intelligence artificielle et des services cloud.
Un des principaux moteurs de cette expansion est l’essor de l’intelligence artificielle. Le rapport souligne l’adoption rapide de technologies telles que le machine learning, le big data, l’Internet des objets (IoT) et les applications d’IA générative, entraînant une explosion des besoins en puissance de calcul et en stockage de données. Les géants technologiques mondiaux, comme Microsoft et Google, investissent déjà massivement dans les infrastructures africaines afin de soutenir cette transformation numérique, visant à améliorer la latence, rapprocher les données des utilisateurs et développer des capacités locales de traitement.
Le rapport met également en avant deux conditions déterminantes pour les futurs investissements : la disponibilité d’une énergie fiable et la qualité de la connectivité internationale. Face à la consommation énergétique croissante des centres de données, les opérateurs se tournent de plus en plus vers les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectricité) pour réduire les coûts et garantir l’approvisionnement. Cette transition énergétique est particulièrement stratégique pour l’Afrique, où les réseaux électriques sont souvent irréguliers, tout en représentant une opportunité pour les pays capables de développer une énergie verte compétitive.
Le rapport note une forte présence de grands acteurs internationaux et régionaux dans l’écosystème africain des centres de données, tels qu’AWS, Microsoft, Google (cloud hyperscale), Digital Realty, Equinix, NTT Data, ainsi que des opérateurs africains comme Africa Data Centres, Raxio Data Centres ou MTN. De nouveaux acteurs font également leur apparition sur le marché, attirés par la croissance rapide du secteur, notamment dans les infrastructures liées à l’IA.
Bien que la Tunisie soit encore loin des grands hubs africains en termes de capacité installée, sa mention dans ce type de rapport international souligne une tendance importante : son intégration progressive dans la liste des pays à potentiel pour des infrastructures numériques avancées. Son positionnement repose principalement sur une localisation stratégique, une connectivité sous-marine existante et une ouverture progressive aux investissements technologiques. Cependant, le rapport ne mentionne aucun projet concret ou investissement spécifique en cours en Tunisie, ce qui en fait un positionnement prospectif, basé sur des critères de compétitivité régionale.
À l’échelle continentale, la montée en puissance des centres de données constitue une infrastructure essentielle pour l’économie de l’intelligence artificielle. Dans ce contexte, les pays capables d’offrir énergie, connectivité et stabilité réglementaire seront les mieux placés. Pour la Tunisie, cette dynamique offre une occasion stratégique de se positionner comme un hub numérique régional reliant l’Europe et l’Afrique, sous réserve de consolider ses infrastructures énergétiques et numériques.
