Léon XIV rend hommage aux migrants à Lampedusa, en Italie
Le pape Léon XIV est arrivé samedi sur l’île de Lampedusa, où il a débuté sa visite par un temps de recueillement au cimetière des migrants non identifiés. En 2025, environ 1.330 personnes sont mortes ou ont disparu en tentant la traversée de la Méditerranée centrale depuis l’Afrique du Nord, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Alors que l’Europe renforce sa politique migratoire, le pape Léon XIV est arrivé samedi sur l’île italienne de Lampedusa, devenue un symbole du drame des migrants qui perdent la vie lors de la dangereuse traversée de la Méditerranée.
La défense des migrants, un thème récurrent
Le souverain pontife a atterri à 09H00 (07H00 GMT) et a commencé sa visite par un moment de recueillement au cimetière qui contient des tombes de migrants non identifiés. Après avoir déposé une gerbe, il s’est dirigé vers la « Porte de l’Europe », un monument dédié aux victimes, où il s’est recueilli seul sur un rocher face à la mer, sa soutane battue par un fort vent. Comme lors de sa récente visite dans les îles Canaries, le pape américain a fait de la défense des migrants un thème central de son pontificat, exprimant sa gratitude envers ceux qui aident les plus démunis et dénonçant les expulsions massives aux États-Unis, son pays d’origine.
Emboîtant le pas de son prédécesseur argentin François, qui avait choisi Lampedusa pour son premier déplacement en 2013, le pontife de 70 ans devrait plaider en faveur de l’accueil et de la dignité des personnes contraintes de fuir leur pays, tout en appelant à des voies d’immigration sûres et légales.
Un message clair pour la protection
Sa visite d’une demi-journée sur cette île de 20 km², située entre la Tunisie et Malte, et dont la population est d’environ 6.000 habitants, intervient quelques semaines après l’adoption par l’Union européenne (UE) de nouvelles mesures migratoires, notamment un recours accru à la détention et la création de centres de rétention en dehors des frontières de l’UE. « La présence du pape Léon XIV envoie un message clair à une époque où le débat politique mondial sur la migration se concentre davantage sur les frontières et la dissuasion plutôt que sur la protection et la responsabilité partagée », a déclaré à l’AFP Filippo Ungaro, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR).
Lampedusa, située à seulement 145 kilomètres des côtes tunisiennes, est devenue, malgré ses plages de sable fin, l’un des principaux symboles de la crise migratoire en Europe. En octobre 2013, plus de 360 personnes y ont péri dans un naufrage, la pire catastrophe de l’histoire de l’île, tandis que des milliers d’autres migrants ont perdu la vie sur cette route maritime, l’une des plus dangereuses au monde.
Lampedusa « est un lieu d’une importance particulière… nous sommes ici pour témoigner de son engagement à accueillir ceux qui cherchent un meilleur endroit (où vivre) », a déclaré Vanda Mainardi, 65 ans, qui est venue du nord de l’Italie pour voir le pape.
Nouvelle île, après les Canaries
Sur le quai où débarquent les personnes secourues en mer par les garde-côtes, les navires humanitaires ou les pêcheurs locaux, il bénira une plaque commémorative dédiée au pape François, puis célébrera une grande messe en plein air. Il devra quitter l’île pour retourner au Vatican en début d’après-midi.
L’île semi-aride de Lampedusa est la deuxième destination migratoire d’Europe visitée par Léon XIV, qui avait profité de son déplacement aux îles Canaries pour dénoncer le trafic d’êtres humains.
Il s’est également exprimé contre les mesures répressives visant à contenir l’immigration clandestine et a qualifié d’« inhumain » le traitement réservé aux migrants par l’administration américaine. Le chef de l’Église catholique, qui compte 1,4 milliard de fidèles, a en outre encouragé les migrants à s’intégrer en apprenant la langue de leur pays d’accueil, en respectant ses lois et en se familiarisant avec ses coutumes.
1.330 morts ou disparus en 2025
L’arrivée du pape suscitait une forte attente vendredi parmi les habitants de cette île, qui vivent principalement de la pêche et du tourisme. La traversée de la Méditerranée centrale depuis l’Afrique du Nord est la route migratoire la plus meurtrière au monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En 2025, environ 1.330 personnes sont mortes ou ont disparu en tentant cette traversée, indique l’OIM. Cette route est surveillée par une poignée de navires d’organisations humanitaires qui accusent l’UE de ne pas agir pour prévenir les naufrages.

Selon l’UNHCR, plus de 14.000 migrants ont débarqué en Italie au premier semestre de cette année, principalement en provenance de Libye. Près de 60 % d’entre eux ont transité par Lampedusa. Ces chiffres restent toutefois inférieurs aux records observés lors des soulèvements du Printemps arabe en 2011, période durant laquelle l’effondrement des contrôles frontaliers en Afrique du Nord avait conduit à l’arrivée de dizaines de milliers de personnes sur l’île en quelques mois.
