Sony abandonne les disques physiques sur PlayStation : « Fin possible pour certains magasins »
Les jeux vidéo PlayStation de Sony n’existeront plus sous forme de disque dès janvier 2028, avec l’interruption de la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux sortant sur consoles PlayStation. David Verbruggen, directeur général de la Video Games Federation Belgium, a déclaré que « la part de vente de jeux vidéo neuf en physique est de 25% en Belgique », une part qui descend année après année.
L’annonce est frappante pour l’industrie culturelle mondiale n°1 : les jeux vidéo PlayStation de Sony ne seront plus disponibles sous forme de disque à partir de janvier 2028. Dans un communiqué, la marque a indiqué que « la production de disques physiques pour tous les nouveaux jeux sortant sur consoles PlayStation sera interrompue » à cette date. Finis les disques, place aux téléchargements et aux versions numériques pour des jeux tels que GTA ou Call of Duty.
Nicolas, vendeur dans un magasin de jeux vidéo à Gosselies, a réagi en déclarant que c’est « un gros coup de massue d’apprendre ça ». Pour lui, les jeux vidéo PlayStation constituent une part importante des ventes de son enseigne : « Comparé à Xbox, c’est le jour et la nuit. Xbox avait déjà pris le pli, il y a quelques années, de proposer beaucoup de jeux dématérialisés. Sony avait alors repris pas mal le dessus sur les ventes de jeux physiques ».
Cette décision de Sony, bien que soudaine, n’étonne pas David Verbruggen, directeur général de la Video Games Federation Belgium (VGFB). Selon lui, « la part de vente de jeux vidéo neufs en physique est de 25% en Belgique. On voit qu’année après année, cette part descend. Et quand on regarde à l’étranger, les chiffres sont encore plus bas ». D’autres grands noms de l’industrie ont également déjà pris des mesures vers le numérique, comme Nintendo, qui réduit également la production de jeux physiques.
David Verbruggen souligne que cette évolution est logique sur le plan économique : « Si une entreprise pense que son jeu va avoir du succès, elle va produire énormément de disques. Ce sont beaucoup de frais avant même qu’un seul jeu ne soit vendu. Le risque est énorme ».
Nicolas, dans son magasin à Gosselies, exprime ses craintes pour l’avenir : « On est dans le secteur depuis bientôt 10 ans maintenant. J’avoue, je ne sais pas trop de quoi sera fait l’avenir sans le jeu vidéo physique. Vendre un bout de papier avec un code de téléchargement dessus, c’est moins chouette bien évidemment ». Cette décision pourrait avoir des conséquences lourdes, notamment pour les vendeurs de jeux. « C’est une décision avec beaucoup d’implications », admet David Verbruggen, qui n’exclut pas le risque de faillite pour certaines enseignes. « Il y a énormément de chaînes de jeux vidéo comme Game Mania ou GameStop qui ont déjà fermé des boutiques. Ça pourrait bel et bien être la fin de certains magasins », prévient-il.
Pourtant, il reste optimiste, soulignant qu’il est toujours possible pour les magasins de proposer une expérience, en vendant du matériel, des consoles et des accessoires. Nicolas partage également cet optimisme : « D’autres secteurs se développent chez nous comme le retrogaming, les cartes à jouer, les goodies, les figurines. On pourra survivre après une annonce comme celle de Sony ».
Concernant le marché de la seconde main, David Verbruggen estime qu’il y a encore de nombreux jeux physiques disponibles, ce qui signifie que ce marché pourra continuer. Marine Stroili, rédactrice chez iXPé, pense cependant que cette décision de Sony entraînera une raréfaction des jeux vidéo sur le marché de la seconde main, ce qui pourrait affecter les joueurs, surtout dans un contexte où le prix des jeux augmente.
Un client dans un magasin de Bruxelles exprime sa tristesse face à cette décision : « C’est bien dommage. C’étaient des beaux objets. » Nicolas, tout en gardant espoir, ajoute qu’il y aura toujours des collectionneurs : « Des irréductibles Gaulois qui survivront à cela ». Toutefois, cela soulève des interrogations sur la perception d’un jeu vidéo : « Les prochaines générations devront se faire à l’idée qu’il n’y a plus de CD, juste un simple code à usage unique ».
Pour David Verbruggen, la fin annoncée des jeux vidéo physiques chez Sony ne menace pas la préservation du patrimoine culturel. Il explique que la conservation des jeux numérique est plus simple si l’appareil supporte ce format. Il reconnaît toutefois l’attachement aux objets physiques : « Je comprends qu’on aime bien le concret, mais je ne pense pas que la préservation est en danger ».
Cette décision de Sony arrive également alors que le mouvement « Stop Killing Games » a rencontré un revers au niveau européen. Malgré un large soutien citoyen, la Commission européenne a rejeté la demande principale de ce mouvement, qui vise à éviter la disparition progressive des jeux en ligne.
Enfin, cette manœuvre permettra à Sony d’étendre son influence : « Les fabriques de disques sont aux mains de Sony. C’est comme si on se rendait dans une librairie et qu’il n’y avait plus de livres, tout serait accessible uniquement via liseuse », met en garde Marine Stroili. Les joueurs ne seront donc « plus propriétaires d’un bien » et cette perte de propriété pourrait avoir des conséquences concrètes, notamment en cas de retrait d’un jeu de la boutique numérique. « On renforce l’idée de ne plus être propriétaire d’un bien qu’on a acheté, ce qui est plus facile à réfuter quand il s’agit de numérique que de physique », conclut Marine Stroili.
