France

Cigarettes, Nutri-Score, vaccins : l’Assurance maladie propose des économies

La Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) propose d’interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 afin de faire émerger une génération « sans tabac ». Les mesures de prévention ne suffiront pas pour réduire le déficit, qui devrait s’établir à 13,8 milliards d’euros en 2026, et risque d’atteindre 15 milliards en 2027.

L’Assurance maladie est en quête d’économies. Pour améliorer sa situation financière, la Caisse nationale d’Assurance maladie (Cnam) se tourne vers la prévention.

Dans son rapport annuel intitulé « charges et produits », qui sert notamment à « éclairer les débats » budgétaires de l’automne, la Cnam propose une mesure phare : interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009. Cette initiative vise à faire naître une génération « sans tabac », moins sujette que ses prédécesseurs aux coûteuses maladies respiratoires.

Les buralistes fustigent une « fausse bonne idée »

« Malgré tout ce qui a été fait, nous restons mauvais par rapport à nos voisins » en matière de consommation de tabac, a affirmé lors d’une conférence de presse le directeur général de l’Assurance maladie, Thomas Fatôme. « La France n’est pas une île. Pire encore, elle compte pas moins de 8 passages frontaliers, soit autant de canaux d’approvisionnement différents, avec leurs propres prix et règles », a pour sa part réagi la confédération des buralistes, critiquant cette « fausse bonne idée, profondément inadaptée aux réalités françaises ».

Concernant d’autres mesures, l’Assurance maladie préconise de « rendre le Nutri-Score obligatoire sur les produits emballés et, en parallèle, d’ajouter une information sur le caractère ultratransformé du produit », ainsi que sur les additifs « néfastes pour la santé ».

Dans le domaine préventif, elle propose également d’imposer le port du casque à vélo et sur les « engins de déplacement personnel motorisés » pour les plus de 12 ans, en réponse à la hausse « des accidents de trajet » pour se rendre au travail : ceux-ci ont augmenté de 7,6 % en 2024 et ont doublé depuis 2017.

La Cnam mise sur « la déprescription »

La Cnam vise également à « construire en deux ans, […] une grande campagne de vaccination contre les pneumocoques » pour les plus de 65 ans, avec « la même ambition » que celle contre la grippe. Actuellement, seulement 18,7 % des plus de 65 ans sont vaccinés, et le coût des pneumonies et infections associées est estimé « entre 2,7 à 3,4 milliards » d’euros par an.

Cependant, les mesures de prévention ne suffiront pas à réduire le déficit, jugé « extrêmement élevé » par Thomas Fatôme : il devrait atteindre 13,8 milliards d’euros en 2026, avec un risque d’atteindre 15 milliards en 2027, et 17 milliards en 2029. La Cnam se fixe donc l’objectif de réduire ses dépenses de 3,9 milliards d’euros d’ici 2027. En raison de l’augmentation des coûts des médicaments, l’Assurance maladie souhaite favoriser « la déprescription », c’est-à-dire « faire un bilan de l’ensemble des médicaments » prescrits à un patient, afin d’éventuellement éliminer ceux qui sont inutiles ou risqués lorsqu’ils sont associés.

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Enfin, la Cnam prévoit également de revoir le « mode de rémunération » des kinésithérapeutes, afin de limiter la « course à l’acte ».