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Pays basque : un chef d’ETA réclamé par l’Espagne relaxé.

La cour d’appel de Paris a relaxé jeudi Jose Urrutikoetxea Bengoetxea, connu sous le nom de Josu Ternera, jugé pour association de malfaiteurs terroriste. Il a été relaxé « à défaut de preuves suffisantes dans les éléments matériels et intentionnels », selon la présidente de la cour.


La cour d’appel de Paris a acquitté jeudi Jose Urrutikoetxea Bengoetxea, connu sous le nom de Josu Ternera, une figure historique de l’organisation séparatiste basque ETA. Il était jugé pour association de malfaiteurs terroriste et est également recherché par l’Espagne, notamment dans le cadre d’une enquête sur un attentat meurtrier survenu en 1987. Cette décision ouvre paradoxalement la voie à un potentiel retour de ce septuagénaire en Espagne, alors qu’il lutte depuis plusieurs années contre cette éventualité. La justice française a accepté d’exécuter deux mandats d’arrêt européens à son encontre, mais uniquement après la clôture des procédures judiciaires en France le concernant, lui qui réside dans le Sud-Ouest.

Ni Urrutikoetxea ni ses avocats n’ont encore réagi à cet acquittement. Le parquet général a la possibilité de faire appel de cette décision. Si aucun appel n’est formulé, l’acquittement sera définitif. Surnommé « Ternera » par la police espagnole, un nom péjoratif, Jose Urrutikoetxea avait officialisé l’autodissolution de l’ETA le 3 mai 2018, lors d’un message relayé avec l’aide d’une autre dirigeante historique, Maria Soledad Iparraguire.

L’accusé a été jugé à Paris car ses empreintes digitales et ses éléments génétiques avaient été découverts dans des caches de l’ETA en 2002 et 2005 à Lourdes (Hautes-Pyrénées) et Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne). Toutefois, il a été acquitté « à défaut de preuves suffisantes dans les éléments matériels et intentionnels », a précisé la présidente de la cour. Lors de l’audience en avril, il avait nié tout rôle militaire, se présentant comme un « négociateur » pour l’ETA, organisation à laquelle il avait adhéré à 17 ans à la fin des années 1960, durant la dictature de Franco.

Josu Urrutikoetxea, qui présente des problèmes de santé, est recherché par la justice espagnole dans le cadre de l’enquête sur l’attentat contre une caserne de gardes civils à Saragosse, qui avait fait onze morts, dont cinq enfants, en 1987. Il dénie toute responsabilité dans cette attaque ayant profondément marqué l’Espagne, survenue six mois après l’attentat du centre commercial Hipercor à Barcelone, le plus meurtrier de l’histoire de l’organisation (21 morts). Ancien député au Parlement autonome basque espagnol, Josu Urrutikoetxea a participé aux négociations avec Madrid qui ont abouti à l’abandon de la lutte armée en 2011, puis à la dissolution de l’organisation tenue pour responsable de plus de 850 morts entre 1968 et 2010.