Présidentielle 2027 : Wauquiez soutient Philippe, souhaite le retrait de Retailleau
Laurent Wauquiez a affirmé que Bruno Retailleau, le candidat des Républicains, n’atteint pas les 10% dans les sondages et qu’il « faut savoir se retirer ». Il a également lancé un appel à l’union des trois candidats de la droite et du centre: Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau, tout en se montrant favorable à Edouard Philippe pour « incarner l’ordre et le sérieux ».
Un coup de tonnerre au sein du parti Les Républicains. Mercredi, Laurent Wauquiez a mis à mal les ambitions de Bruno Retailleau pour l’Élysée en l’appelant, sans le nommer, à « savoir se retirer » si sa candidature ne parvient pas à faire décoller dans les sondages. Parallèlement, il a tendu la main à Edouard Philippe, qu’il considère capable « d’incarner l’ordre et le sérieux ». Bien que cela ne constitue pas un ralliement officiel, cela s’en approche. Dans Le **Figaro**, Laurent Wauquiez exprime ses éloges pour l’ancien Premier ministre et actuel dirigeant d’Horizons, tout en l’encourageant à se distancer de la macronie et à présenter son programme. Par ailleurs, il souligne que Bruno Retailleau, le candidat de sa propre formation politique, Les Républicains, n’atteint pas les 10% d’intentions de vote dans les sondages et affirme qu’il « faut savoir se retirer », sans nommer directement son concurrent au sein du parti.
Le chef des députés LR prend une nouvelle fois position pour avertir d’une menace potentielle d’un second tour entre La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN). Convaincu que LR « ne gagnera pas seul », il relance un appel à l’union des trois candidats de la droite et du centre : Edouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Dans ses déclarations, il se rapproche encore d’Edouard Philippe, le mieux placé dans les sondages. Le mois précédent, il s’était déjà montré souriant à ses côtés lors du congrès des Jeunes agriculteurs à Bourg-en-Bresse. « Par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes, je crois qu’Édouard Philippe peut incarner l’ordre et le sérieux permettant de redresser la France », déclare le patron des députés LR, dont une grande partie avait soutenu à l’automne la participation des Républicains au gouvernement de Sébastien Lecornu, en opposition aux consignes de Bruno Retailleau. « La question est de savoir ce qu’il veut faire pour reconstruire la France », ajoute-t-il, invitant l’ancien Premier ministre à ne pas tarder à révéler son programme en vue de la présidentielle.
« On ne peut pas se contenter de dire qu’on va faire barrage contre les extrêmes, car on ne gagne pas une élection sur un rejet », juge-t-il. « Il faut gagner sur un projet », insiste celui qui a été battu l’année dernière par Bruno Retailleau lors d’une élection interne à la présidence des Républicains. Le député de Haute-Loire, qui a eu des relations conflictuelles par le passé avec Edouard Philippe, critique vigoureusement le leader des LR, tout en reconnaissant la légitimité de sa candidature à l’Élysée, approuvée ce printemps par près de 75% des adhérents du parti.
Laurent Wauquiez, qui prône une primaire ouverte, désormais peu probable pour désigner un candidat unique de la droite et du bloc central à la présidentielle, martèle son appel à éviter la dispersion des candidatures. « Si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d’éliminer un candidat de droite et d’autoriser la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour », avertit-il. « Jamais de la vie je ne participerai à cela ».
Laurent Wauquiez était absent lors du premier grand meeting de Bruno Retailleau à Paris le 20 juin, tout comme de nombreux députés et les six membres du gouvernement suspendus de LR après leur collaboration avec l’équipe Lecornu. Il ne compte pas également s’afficher au premier rang de celui d’Edouard Philippe dimanche à Paris. « J’ai fait le choix de ne pas soutenir un candidat qui ne serait pas celui du rassemblement », précise-t-il, « Je veux préserver le poids politique qui est le mien pour être ce guerrier du rassemblement ». Par ailleurs, Laurent Wauquiez se montre également élogieux envers Gabriel Attal : « Je l’aime beaucoup », assure-t-il, tout en déplorant que son projet ne soit pas « celui de porter le rassemblement de la droite et du centre ».
