Tunisie

Indice 2026 des États responsables : la Tunisie bien classée, mais pas de performance décisive

La Tunisie occupe la 52ᵉ place sur 154 pays dans l’édition 2026 de l’Indice des États responsables, avec un score de 0,5196. Ce positionnement place la Tunisie au deuxième rang au Maghreb, derrière le Maroc (41ᵉ mondial) et devant la Libye (65ᵉ), l’Algérie (116ᵉ) et la Mauritanie (137ᵉ).


La Tunisie se classe au 52ᵉ rang sur 154 pays dans l’édition 2026 de l’Indice des États responsables (Responsible Nations Index), avec un score de 0,5196. Ce classement international évalue non pas la richesse ou la puissance militaire des États, mais leur capacité à gérer efficacement leurs ressources, à assurer la justice sociale, à protéger l’environnement et à respecter les engagements internationaux.

Ce positionnement place la Tunisie au deuxième rang au Maghreb, derrière le Maroc (41ᵉ mondial), et devant la Libye (65ᵉ), l’Algérie (116ᵉ) et la Mauritanie (137ᵉ). À l’échelle mondiale, les premières places sont occupées par Singapour, la Suisse et le Danemark, tandis que les derniers rangs sont dominés par des pays comme la Syrie, le Soudan et la République centrafricaine.

L’indice, encore récent dans le paysage des classements internationaux, est élaboré par la World Intellectual Foundation, en partenariat avec des institutions académiques telles que la Jawaharlal Nehru University et l’Indian Institute of Management de Mumbai. Il adopte une approche multidimensionnelle visant à mesurer la “responsabilité globale” des États.

Trois grands axes structurent cette évaluation : la responsabilité interne, qui englobe la gouvernance, la justice sociale et l’efficacité institutionnelle ; la responsabilité environnementale, liée à la gestion des ressources naturelles et aux politiques climatiques ; et la responsabilité externe, qui évalue l’engagement des États dans la coopération internationale, la paix et le respect des règles globales.

Contrairement aux indicateurs classiques centrés sur le PIB ou la puissance économique, cet indice souligne la manière dont les États transforment leurs capacités en résultats concrets pour leurs citoyens et la communauté internationale.

Dans le cas de la Tunisie, la 52ᵉ place mondiale révèle une situation contrastée. Le pays possède des atouts structuraux reconnus, tels qu’un héritage institutionnel solide, un investissement historique dans les secteurs de l’éducation et de la santé, ainsi qu’un tissu associatif relativement dynamique. Ces éléments constituent une base significative pour interpréter le classement.

Cependant, l’indice met également en lumière un écart entre les potentialités disponibles et la performance effective des politiques publiques, notamment en ce qui concerne la gouvernance, l’équité territoriale et l’efficacité administrative.

En d’autres termes, la question centrale soulevée par ce classement ne concerne pas tant les ressources dont dispose la Tunisie, mais plutôt sa capacité à les transformer en résultats mesurables et perceptibles par les citoyens.

Ce type d’indicateur, bien que récent et encore en phase de structuration méthodologique, s’inscrit dans une tendance internationale qui privilégie désormais la notion de “qualité de gouvernance” et de “responsabilité des États” plutôt que la seule performance économique.

Pour la Tunisie, ce positionnement au milieu du classement mondial peut être interprété comme un signal double : celui d’un pays doté de fondations solides, mais devant impérativement améliorer l’efficacité de ses institutions et la cohérence de ses politiques publiques.