
Crash d’avion près de Nancy : enquête pour « homicides involontaires » ouverte
Le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « homicides involontaires » après l’accident d’avion dimanche près de Nancy qui a fait 11 morts. L’accident est survenu très rapidement après le troisième décollage du petit avion qui transportait les victimes.
Les investigations s’annoncent longues et complexes. Le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête pour « homicides involontaires » suite à l’accident d’avion survenu dimanche près de Nancy, qui a entraîné la mort de 11 personnes. Les autorités ont précisé qu’il faudrait de « nombreux mois » pour comprendre les causes de ce crash. « Notre enquête a pour objectif d’expliquer, d’avoir des réponses (…) à ce qui s’est passé et à la genèse des faits », a déclaré Christian de Rocquigny, procureur adjoint en charge du pôle accidents collectifs du parquet de Paris, lors d’une conférence de presse à Nancy.
« Si on identifie des responsables », l’objectif sera aussi « de les juger. Et le jugement dans ces cas-là est mené (…) devant le tribunal correctionnel de Paris », a-t-il indiqué. Dimanche, à Tomblaine, dans la banlieue de Nancy, un petit avion a chuté peu après son décollage, causant la mort de onze personnes, dont cinq devaient réaliser leur baptême de parachutisme. Cet accident est le plus meurtrier de l’aviation légère en France.
Le procureur a jugé « tout à fait prématuré » d’avancer des conclusions à ce stade. « Tout prend énormément de temps parce que c’est extrêmement minutieux avec des expertises, peut-être des contre-expertises. Donc forcément ça met beaucoup, beaucoup de temps », a renchéri le lieutenant-colonel de gendarmerie Frédéric Colard, de la section de recherche des transports aériens. Les investigations ont montré que les « vols avaient débuté la veille », que l’avion était à sa troisième rotation dimanche et que l’accident est survenu très rapidement après le troisième décollage, a précisé le magistrat. Parallèlement, « une enquête de sécurité » a été lancée, confiée au Bureau enquêtes accidents (BEA) de l’aviation civile, pour déterminer la cause du crash afin « d’améliorer les procédures et éviter d’autres dommages ».
Les deux responsables ont rendu hommage aux victimes et à leurs proches, qui « vivent un drame terrible, une tragédie épouvantable ». « Onze vies interrompues de façon très soudaine à la suite de ce crash aérien », a souligné le procureur, ajoutant que des associations d’aide aux victimes avaient été sollicitées pour les accompagner dans leur souffrance et leur deuil. Certains des sauts en parachute prévus ce dimanche étaient des cadeaux offerts par des proches présents sur les lieux. Les victimes incluent cinq moniteurs de parachutisme, cinq élèves et le pilote. Ce dernier, un Français de 44 ans nommé Laszlo Sandrin, travaillait pour la compagnie aérienne allemande Classic Wings.
Ce pilote, décrit comme « l’un de nos meilleurs », avait cumulé plus de 11.000 heures de vol, dont 5.000 sur ce type d’appareil, a affirmé à l’AFP le PDG de la compagnie, Rob de Man. « Nous sommes tous sous le choc », a-t-il ajouté, affirmant que l’avion était en bon état au moment du décollage. Parmi les victimes se trouvaient Cynthia Vally, 48 ans, cheffe de bloc opératoire dans une clinique de Nancy, Youssef El Idrissi, 48 ans, comptable, ainsi qu’un lycéen de 18 ans en Terminale, une étudiante en soins infirmiers de 20 ans, et un infirmier libéral de Nancy, Damien Giacovelli.
Les cinq autres personnes décédées étaient les moniteurs de parachutisme chargés d’accompagner les cinq élèves lors d’un saut en tandem. Il s’agit de Davy Tellier, 53 ans, pompier professionnel au Luc-en-Provence, Albéric Moulès, trentenaire originaire de Nouvelle-Calédonie résidant en Charente, Filip Kovacecic, 51 ans, avec plus de 7.000 sauts à son actif, Pierre Graber, qui se définissait comme « parachutiste, musicien et aventurier de la vie » sur Facebook, et Anthony Planchon, instructeur de parachutisme dans un club à Strasbourg.
