Le coiffeur des Diables rouges, témoin de l’équipe nationale belge
En 2016, Youri Tielemans, alors joueur d’Anderlecht, devient l’un des clients de Mathieu Nayis, qui coiffe plusieurs membres de l’équipe nationale. Aujourd’hui, Mathieu Nayis participe à sa troisième Coupe du monde avec les Diables Rouges et assure des coupes de cheveux pour les joueurs sans qu’ils aient besoin de prendre rendez-vous.
Une réputation construite auprès des internationaux
Le tournant se produit en 2016 avec Youri Tielemans, un joueur d’Anderlecht à l’époque, qui devient l’un des clients de Mathieu Nayis. Lorsque Tielemans fait son entrée en équipe nationale, il parle de son coiffeur à plusieurs coéquipiers, notamment Thorgan Hazard et Michy Batshuayi, que Mathieu connaissait déjà et coiffait occasionnellement. Le bouche-à-oreille commence alors à porter ses fruits.
« Quand plus de cinq ou six joueurs de l’équipe nationale ont commencé à se faire coiffer chez moi, j’ai commencé à venir régulièrement, et avec mon équipe, nous avons commencé à coiffer toute la sélection.«
Un salon professionnel au cœur du camp de base
Aujourd’hui, Mathieu Nayis vit sa troisième Coupe du monde avec les Diables Rouges. Tout au long du tournoi, il partage le quotidien des joueurs. Un espace a été aménagé à l’hôtel de la sélection pour lui permettre de travailler. L’organisation diffère largement d’un salon classique. « Nous établissons des créneaux et les joueurs n’ont même pas besoin de prendre rendez-vous. Nous sommes sur le même étage, dans le même hôtel« , explique-t-il. Avant chaque match, plusieurs joueurs passent entre ses mains. Cette proximité lui permet aussi de vivre le tournoi de l’intérieur. Il assiste à tous les matches, partage les déplacements à Los Angeles et Vancouver, et fait partie du quotidien du groupe. « C’est devenu habituel maintenant, mais au début, c’est assez stressant, on découvre tout. Aujourd’hui, c’est magnifique : nous sommes aux matches, nous sommes avec les joueurs, nous rigolons pendant que je les coiffe. C’est vraiment un moment agréable« , confie-t-il.
Si certaines équipes nationales n’ont pas de coiffeur attitré, Mathieu Nayis est convaincu que son rôle va bien au-delà de la simple coupe de cheveux. Le fauteuil devient souvent un lieu de discussions privilégiées. Des échanges auxquels il assiste, mais qu’il garde pour lui. « J’ai déjà eu l’occasion d’entendre des conversations qui ne sortiront jamais. Tout le monde n’a pas forcément la maturité d’être fiable. À vingt et un ans, si on entend certaines choses, on peut les raconter à ses amis. Mais quand on gère une entreprise, on sait ce que l’on peut dire et ce que l’on ne peut pas dire. » Cette discrétion est, selon lui, l’une des raisons pour lesquelles les joueurs continuent de lui faire confiance année après année.
Des habitudes bien ancrées
Chaque joueur a ses préférences. « Arthur Theate, ça prend sept ou huit minutes. Il ne coupe quasiment pas ses cheveux, il les garde longs. Et puis c’est aussi un ami, donc nous rigolons beaucoup ensemble« , sourit Mathieu Nayis. En revanche, Youri Tielemans demande le plus de temps. « Ses cheveux poussent très vite et il les porte toujours très courts sur les côtés. Ça prend plus de temps, mais ce n’est pas difficile à couper. » Parmi les habitués les plus réguliers se trouvent également Axel Witsel, Thomas Meunier, Timothy Castagne, Leandro Trossard et Zeno Debast. Certains viennent tous les trois ou quatre jours pour une coupe impeccable avant le coup d’envoi. D’autres sont plus décontractés. Par exemple, Brandon Mechele a attendu près de deux semaines avant de trouver un créneau en début de tournoi. « Il s’en fichait un peu« , sourit le coiffeur.
Les séances offrent aussi des moments de légèreté. Mathieu Nayis évoque notamment les choix musicaux d’Arthur Theate. « Il adore mettre Charles Aznavour. Au début, cela m’a surpris parce qu’on écoute plutôt du rap ou de l’afro-house quand on coupe les cheveux. Puis j’ai compris qu’il aimait vraiment ça. Maintenant, on en rigole ensemble.«
Être bien coiffé… jusque sur la pelouse
Pour Mathieu Nayis, l’importance accordée à la coiffure a considérablement évolué dans le football moderne. « Aujourd’hui, la coiffure est devenue quelque chose de vraiment essentiel pour les joueurs. Les tendances viennent de Londres, des États-Unis ou encore de Milan. » Il considère également cela comme une façon pour les joueurs d’exprimer leur personnalité : « Au final, ils portent tous le même équipement. Ce qui les différencie, c’est leur barbe, leur coupe de cheveux, leur style. Moi, je me mets à leur place : j’aime bien être bien coiffé. Et quand des millions de personnes regardent les matches, c’est normal d’avoir envie d’être impeccable.«
Pendant que les supporters observent les performances sur le terrain, Mathieu Nayis s’assure qu’aucun cheveu ne dépasse. Une mission discrète, mais devenue au fil des années un élément essentiel des coulisses des Diables Rouges.
