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Ebola : Quatrième province touchée par l’épidémie en RDC

La 17e épidémie d’Ebola en RDC, déclarée le 15 mai, s’étend à la province du Haut-Uélé, portant à quatre le nombre de provinces touchées, avec 1.165 cas et 301 décès dans l’Ituri selon le dernier bilan. Les centres de traitement Ebola sont débordés avec un taux d’occupation dépassant les 138 %, tandis que 78 soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés.


La situation en République Démocratique du Congo (RDC) continue de se détériorer. La 17e épidémie d’Ebola, déclarée le 15 mai, s’étend à présent à une quatrième province, le Haut-Uélé, d’après les autorités sanitaires. Toute la région du nord-est, qui compte environ 15 millions d’habitants, est désormais touchée. Le virus Bundibugyo, responsable de cette flambée, entraîne une fièvre hémorragique souvent mortelle. À l’heure actuelle, il n’existe ni vaccin ni traitement.

Selon les chiffres officiels, 360 personnes sont décédées sur un total de 1.274 contaminations. Toutefois, des scientifiques et des humanitaires avertissent que ces données pourraient être sous-estimées. Des essais cliniques doivent débuter dans les jours à venir, comme l’a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a lancé une alerte internationale. L’évaluation précise de l’ampleur de la crise demeure complexe.

L’épicentre de l’épidémie se situe en Ituri, province isolée du nord-est. Celle-ci à elle seule compte 1.165 cas et 301 décès, d’après le dernier bilan des autorités congolaises. Jusqu’à présent, trois provinces étaient touchées : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Le virus a également franchi les frontières, avec vingt cas, dont deux décès, signalés en Ouganda.

Le Haut-Uélé devient ainsi la quatrième province affectée. Une source de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a précisé qu’« une personne infectée a voyagé depuis l’Ituri vers le Haut-Uélé », introduisant le virus dans cette région. Selon une source sanitaire, le malade est décédé, ce qui confirme la gravité de la situation.

Les autorités s’efforcent de retracer les chaînes de contamination. Dans de nombreux cas, la transmission s’est produite lors de rites funéraires. La dépouille d’une victime d’Ebola est extrêmement contagieuse. En RDC, comme ailleurs en Afrique, ces cérémonies peuvent s’étendre sur plusieurs jours avec des contacts directs avec le corps du défunt.

Depuis plusieurs semaines, les travailleurs humanitaires tentent d’imposer des enterrements sécurisés, mais cette mission est compliquée par la méfiance de certaines populations. Des incidents ont été rapportés dans plusieurs centres de santé, où des proches sont venus réclamer les corps des victimes, risquant ainsi d’accroître la propagation du virus.

Le Haut-Uélé présente des caractéristiques similaires à celles de l’Ituri : il s’agit d’une zone de transit, riche en ressources et frontalière de plusieurs pays, ce qui constitue un terrain propice à la propagation du virus. À cela s’ajoute un contexte sécuritaire tendu. Plusieurs groupes armés y opèrent, tout comme en Ituri, où des massacres sont fréquents depuis une dizaine d’années.

Ce climat complique considérablement la réponse sanitaire. Celle-ci, lancée tardivement selon les humanitaires et les scientifiques, peine à suivre le rythme de l’épidémie. Les premiers décès suspects remonteraient à janvier, selon des éléments à confirmer. Sur le terrain, les structures de santé manquent de moyens, d’équipements et de matériel de base.

Les centres de traitement Ebola, soutenus par l’OMS et des ONG, sont saturés. Leur taux d’occupation dépasse les 138 %, selon l’Institut national de santé publique. À ce jour, 78 soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés, illustrant ainsi la dangerosité du virus.

Plus de six semaines après la déclaration officielle de l’épidémie, le pic n’est toujours pas atteint. Les experts et les autorités sanitaires prévoient une crise qui pourrait durer entre six mois et un an. Au cours des cinquante dernières années, Ebola a déjà causé la mort de plus de 15.000 personnes en Afrique, dont près de 2.300 en RDC entre 2018 et 2020.