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Commerce : L’Union européenne et la Chine ne cherchent pas à éviter la confrontation

Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, est attendu ce lundi à Bruxelles pour des discussions avec l’Union européenne concernant les préoccupations liées au déficit commercial. Selon Eurostat, le déficit commercial de l’UE vis-à-vis de la Chine dépasse désormais un milliard d’euros par jour pour les échanges de biens.


La visite de Wang Wentao, ministre chinois du Commerce, à Bruxelles, intervient dans un contexte de tensions croissantes entre les 27 pays de l’Union européenne et Pékin. Ce lundi, il doit s’entretenir avec Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, qui a l’intention de lui faire part des inquiétudes de l’Europe et de son désir de rééquilibrer les échanges économiques avec la Chine.

Le déficit commercial de l’UE avec la Chine est colossal, dépassant un milliard d’euros par jour pour les échanges de biens, d’après Eurostat. Bien qu’il soit inférieur au record de 2022 (400 milliards d’euros), il a été multiplié par cinq en volume au cours de la dernière décennie et a plus que doublé en valeur. Bruxelles associe cela en grande partie à une concurrence déloyale de la Chine, accusée de subventionner ses entreprises de manière massive, ce qui menace des secteurs clé de l’industrie européenne, tels que l’automobile, la chimie et l’acier.

Pékin rejette ces accusations, mais selon l’OCDE, entre 2004 et 2025, les entreprises chinoises ont bénéficié en moyenne de 3 à 8 fois plus de soutien public que celles des pays membres de l’organisation. L’UE souhaite également diminuer sa forte dépendance à la Chine pour ses approvisionnements en matières premières critiques et en semi-conducteurs.

Sur ces points, Bruxelles bénéficie d’un appui quasi unanime de la part des 27 États membres. Toutefois, la Commission n’a pas encore précisé quelles mesures elle pourrait envisager. Peu avant cette visite, Cai Run, chef de la mission chinoise auprès de l’UE, a souligné l’importance du dialogue tout en menaçant de prendre des mesures de rétorsion.

La Chine s’oppose à « toute mesure restrictive » à l’encontre de ses entreprises, et a averti que « si l’UE persistait à vouloir imposer de telles dispositions, elle serait contrainte de prendre des contre-mesures pour défendre ses intérêts légitimes ». Toutefois, il a insisté sur le fait que « nous sommes tout à fait en mesure de résoudre les frictions et les désaccords économiques et commerciaux par le dialogue », adoptant ainsi un ton diplomate.