Les Etats-Unis ne célèbrent pas leurs 250 ans au Cinquantenaire.
La fête en l’honneur du 250e anniversaire des États-Unis se déroule dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles, où 8.850 personnes se sont inscrites pour l’événement. Plusieurs organisations, dont Extinction Rebellion Belgium et Indivisible Belgium, ont manifesté pour dénoncer la privatisation du parc à cette occasion.
La fête se déroule avec ferveur sous les drapeaux américains dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Sur place, les festivités incluent du baseball, de la danse country, ainsi que des stands proposant gratuitement des hamburgers et des hot dogs, attirant tant des Américains que des invités profitant de températures plus fraîches.
Sur scène, l’ambassadeur à Bruxelles, Bill White, a diverti le public. Il a salué le roi Philippe et la reine Mathilde, qui n’étaient pas présents, ainsi que les ministres-présidents des trois régions, surnommés « The triple D’s » : Boris Dilliès (MR) à Bruxelles, Adrien Dolimont (MR) en Wallonie et Matthias Diependael (N-VA) en Flandre, ainsi que le gouvernement de l’Arizona, qu’il a qualifié d’« incroyable nom ».
Contrairement à l’annonce, Nile Rodgers n’a pas assisté à l’événement. L’hymne américain a été interprété par Alexis Wilkins, après quelques soucis de microphone. Cette chanteuse de country, en lien avec le milieu conservateur, est également la compagne de l’actuel directeur du FBI. Un message vidéo a été adressé à la foule par Donald Trump.
Le Premier ministre Bart De Wever a également pris la parole. Il a évoqué la prospérité, un thème qui lui tient à cœur et sur lequel il a récemment écrit un essai. Il a cité les mots du président républicain Calvin Coolidge, qui, plus d’un siècle auparavant, avait placé les valeurs spirituelles de l’Amérique au centre de la Déclaration d’indépendance et de la croissance économique des États-Unis.
« Nous vivons dans une époque de science et d’abondance matérielle. Ce ne sont pas ces biens qui ont engendré notre Déclaration. C’est notre Déclaration qui les a créés. Les valeurs spirituelles sont primordiales. Si nous ne nous y tenons pas, notre prospérité matérielle, aussi impressionnante soit-elle, se transformera en un sceptre stérile dans nos mains », avait affirmé M. Coolidge. « Ce sont des mots puissants, des mots qui me font fier d’être ici pour célébrer la déclaration et le lien historique profond entre nos deux nations », a déclaré M. De Wever.
Ce lien a été renforcé par deux événements historiques : la déclaration de Gand en 1814, qui a mis fin à la guerre entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, et la participation des soldats américains à la libération de la Belgique lors des deux guerres mondiales. En guise de remerciement, le Premier ministre a prévu de remettre un cadeau fragile à l’ambassade américaine dans les jours à venir. Ce cadeau, élaboré par les cristalleries du Val-Saint-Lambert, combine le cristal et le diamant, représentant la Wallonie et la Flandre, ainsi qu’un aigle, symbole des États-Unis.
L’événement à Bruxelles est, selon l’ambassade des États-Unis, l’une des principales célébrations internationales du 250e anniversaire des États-Unis. D’après Bill White, 8 850 personnes se sont inscrites pour cet événement sélect et de haute sécurité, avec un nombre d’inscriptions qui a fortement augmenté après l’annonce de la présence du groupe de country américain Zac Brown Band. Deux mille militaires américains et leurs familles participent aux festivités, tout comme des dirigeants d’entreprises belges et américaines. Le couple royal belge a, pour sa part, décliné l’invitation.
L’ambassadeur américain avait initialement prévu de faire voler des avions de combat au-dessus du parc avec un largage de parachutistes, mais les autorités belges ont contraint une révision de ce projet. En effet, cela aurait nécessité d’interrompre le trafic du principal aéroport de la capitale, affectant ainsi « près d’une quarantaine de vols » durant le premier grand week-end des vacances d’été, selon un communiqué du cabinet du ministre belge de la Mobilité. Finalement, ce sont quelques avions historiques qui ont survolé le parc.
Concernant le financement de l’évènement, l’ambassadeur a indiqué avoir récolté plus de 5 millions de dollars auprès de plus de 220 donateurs. Il s’agit d’une somme considérable par rapport au million d’euros habituellement nécessaire pour organiser les festivités du 21 juillet au même endroit chaque année. Plusieurs entreprises et particuliers, américains et belges, ont contribué, incluant des multinationales comme Meta, Microsoft, Nike et McDonald’s, ainsi que des sociétés belges telles que Leonidas, Port of Antwerp-Bruges, Sabena, Van Moer Logistics et Sibelco.
Bill White a aussi évoqué l’histoire partagée entre les deux pays pour répondre aux questions sur son souhait d’améliorer les relations transatlantiques. « Ignorons un peu le bruit médiatique qui suscite des disputes ou montre plus de divisions qu’il n’y en a réellement. Nous savons que nous avons une relation formidable que nous devons chérir et perpétuer. »
Plusieurs groupes, dont Extinction Rebellion Belgium, Indivisible Belgium et Rise for Climate, ont manifesté ce dimanche après-midi au rond-point Schuman, devant l’entrée du parc du Cinquantenaire. Ils expriment leur mécontentement face à la privatisation du parc pour les célébrations et critiquent la politique climatique de l’administration Trump.
Les organisateurs de ces manifestations estiment que l’utilisation du Cinquantenaire crée un précédent historique et affirment qu’« aucun État étranger n’a célébré sa fête nationale en s’appropriant le lieu bruxellois le plus symbolique politiquement et historiquement. » Extinction Rebellion reproche à la Ville de Bruxelles d’avoir accordé un « traitement de faveur exceptionnel » à un gouvernement qu’ils accusent de miner les politiques climatiques, le multilatéralisme et le droit international. Ils regrettent également que Bruxelles-Environnement n’ait pas interdit la tenue de l’événement dans le parc.
Rise for Climate tire parti de cette occasion pour dénoncer l’inaction face aux enjeux climatiques, tant en Belgique qu’en Europe et dans le monde, alors que la vague de chaleur persiste. L’organisation critique l’absence de mesures nationales significatives face aux canicules, le maintien des subventions aux énergies fossiles et les changements dans les politiques européennes concernant le climat.
