France

Narbonne : Hommage à Louis, adolescent battu à mort sans motif racial.

Un peu plus d’un millier de personnes, dont quelque 300 identitaires selon la police, ont défilé ce dimanche à Narbonne, dans l’Aude, après la mort de Louis, tué par des jeunes qu’il connaissait. Cinq jeunes, dont trois mineurs, ont été interpellés, mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire.


L’hommage rendu à Louis, un adolescent de 17 ans mortellement blessé lors d’un guet-apens, s’est transformé en une démonstration de force identitaire. Plus de mille personnes, dont environ 300 identitaires selon la police, ont défilé ce dimanche à Narbonne, dans l’Aude, suite à la mort de Louis, tué par des jeunes qu’il connaissait.

Armés de drapeaux français et de slogans tels que « la France c’est nous », « Racaille partout, Justice nulle part » ou encore « Ni oubli, ni pardon », des jeunes identitaires et de nombreux habitants de la région ont constitué un cortège partant de l’hôtel de ville jusqu’à l’endroit où Louis a été agressé. L’adolescent, placé dans un foyer de l’Aide sociale à l’enfance, a été laissé agonisant le 19 juin après avoir été sauvagement frappé par cinq jeunes. Ces derniers avaient publié des images de leur acte sur les réseaux sociaux. Il est décédé quatre jours plus tard à l’hôpital de Perpignan.

Cinq jeunes, dont trois mineurs, ont été interpellés, mis en examen pour assassinat et placés en détention provisoire. Le procureur de Narbonne a précisé que le crime n’avait « aucun lien avec un motif d’ordre racial ». Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a dénoncé dans une interview au Parisien, l’« exploitation de l’extrême droite » de ce drame. La famille de Louis a choisi de ne pas participer à la marche pour éviter « toute récupération politique ».

La colère des manifestants était palpable, avec des cris tels que « Darmanin, Nunez, assassins ! » et des chants « Français réveille-toi, tu es ici chez toi ». Parmi eux, Bryan, 19 ans, qui a été à l’école avec deux des agresseurs de Louis, portait une pancarte « Ni oubli, ni pardon ». Michèle, 80 ans, accompagnée de ses amies, a exprimé son soutien à la famille en affirmant qu’elles étaient « pour la peine de mort car la prison c’est trop doux ». Un policier en civil, qui « n’a pas le droit d’être là », était présent avec son épouse pour « que ça bouge dans les ministères ».

Dans un entretien au Journal du Dimanche, la mère de Louis a exprimé sa colère : « ce n’est pas le temps du deuil, c’est le temps de la guerre. Je veux qu’ils soient jugés comme des adultes. Je veux que Louis soit le dernier ». Le mobile du guet-apens mortel n’est pas encore déterminé, a indiqué le procureur. Louis avait déjà été victime de deux agressions distinctes les 11 mai et 12 juin et avait déposé plainte pour l’une d’entre elles.