Belgique

Dormir dans la cave, télétravailler dans la baignoire : les solutions des Belges face à la canicule

Hugues et sa femme ont loué une voiture partagée vendredi matin pour 33 euros durant 6 heures afin de profiter de la climatisation. Selon l’enquête sur les revenus et les conditions de vie (SILC) de l’office belge de statistique Statbel, près d’un ménage sur six en Belgique se déclare dans l’incapacité de maintenir son habitation fraîche durant l’été.


Dans la commune de Schaerbeek, à Bruxelles, Hugues et sa femme souffrent de la chaleur dans leur appartement. Après avoir essayé différentes solutions, y compris passer leurs nuits au parc du Cinquantenaire, ils découvrent une voiture partagée vendredi matin. « Là, ça a fait tilt », raconte Hugues. « On n’a pas réfléchi plus loin, on l’a louée durant 6 heures pour 33 euros. »

Avoir accès à un endroit climatisé change tout pour le couple, qui ressentait la chaleur. « N’importe quelle petite course est un prétexte pour utiliser la voiture. » L’expérience est si concluante qu’ils choisissent de louer une voiture de nouveau samedi. « On préfèrerait qu’il y ait davantage d’îlots de fraîcheur, notamment à Schuman. Mais bon, on fait avec ce qu’on a », ajoute Hugues.

Non loin de là, à Woluwe-Saint-Lambert, Tom endure des nuits difficiles dans son appartement sous les toits. « J’ai une grande baie vitrée qui donne plein sud et que je ne peux pas ouvrir », explique-t-il, soulignant que la température dépasse rapidement les 30 °C.

Mardi, il est si fatigué qu’il prend deux oreillers et part dormir sur un transat sur la terrasse. « Ce n’est pas idéal parce que j’entends régulièrement des sirènes d’ambulances et des alarmes », tempère-t-il. De plus, il est réveillé très tôt, à 5 heures du matin, par le lever du soleil. « Mais ça reste bien mieux que ma chambre », assure Tom.

Il passe une deuxième nuit sur la terrasse le lendemain, avant de recevoir un climatiseur mobile prêté par un membre de sa famille.

Vivre à la campagne ne signifie pas nécessairement être plus frais. Amandine (nom d’emprunt), qui habite une villa dans le Brabant Wallon, constate que vendredi, il a fait 30,2 °C au rez-de-chaussée et 31 °C à l’étage où se trouvent son bureau et sa chambre. Bien que sa maison ait un bon PEB, elle a été conçue pour conserver la chaleur avec des baies vitrées orientées au sud, sans casquettes solaires.

Face à cette situation, plutôt que de se rendre chaque jour à Bruxelles par des trains à « climatisations aléatoires », Amandine opte pour le télétravail les lundis et vendredis. « Au fil du temps, la chaleur s’accumulant dans la maison, j’ai progressivement migré à la cave. » Elle se considère chanceuse, car la cave est grande et équipée d’Internet pour l’alarme de sécurité.

Cependant, elle rigole en ajoutant que ce bureau provisoire réserve des surprises. « J’ai un nouveau collègue et, pour notre premier meeting en ligne, j’ai mis la caméra. Il était un peu déstabilisé. »

Avec dix degrés de moins dans sa cave, Amandine finit par y dormir vendredi. Malgré un réveil avec la gorge irritée ce samedi matin, elle prévoit de renouveler l’expérience cette nuit. Bien qu’elle ne soit pas arachnophobe, elle envisage tout de même de mettre des écrans solaires à l’avenir.

D’autres personnes sont encore plus créatives pour se rafraîchir en travaillant de chez elles. Louis (nom d’emprunt) nous confie : « L’après-midi devenant vite inconfortable, je fais de la baignoire une petite piscine à température ambiante pour m’aider à réguler ma température corporelle. »

« Je place l’ordinateur du boulot à côté, sur une chaise, en m’assurant que la webcam est obstruée en cas d’appel, » ajoute-t-il, vivant dans une colocation dans les Ardennes brabançonnes, et il privilégie l’analyse de texte. Il ne reste pas toute la journée assis là, mais y retourne dès qu’il « surchauffe ».

Son bureau étant décrit comme « une passoire thermique au milieu d’un îlot de chaleur », c’est la meilleure solution qu’il ait trouvée.

D’après l’enquête sur les revenus et les conditions de vie (SILC) de l’office belge de statistique Statbel, près d’un ménage sur six en Belgique se déclare incapable de garder son habitation fraîche durant l’été. Les quartiers denses des grandes villes sont particulièrement affectés par la canicule en raison du phénomène des îlots de chaleur.

Pour découvrir encore plus de solutions, un reportage est disponible dans le JT de 13h du samedi 27 juin.