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Les cyberdecks « faits maison » pour inclure les femmes en tech.

Les cyberdecks sont des micro-ordinateurs qui peuvent prendre diverses formes, inspirés de l’univers « cyberpunk » créé par William Gibson. En 2023, selon une étude de l’INSEE, les femmes représentaient seulement 24 % des employés du secteur technologique.


Garnis de perles, de coquillages, ou dotés de mini-jardins alimentés par l’énergie solaire, les cyberdecks peuvent prendre toutes les formes que votre imagination désire.

Ces micro-ordinateurs sont très présents sur les réseaux sociaux. Peu coûteux et fabriqués à partir d’objets de récupération, ils permettent aux femmes de s’affranchir des technologies traditionnelles.

### Inspirés par l’univers « cyberpunk »

Les cyberdecks rappellent les célèbres « Com poudriers » du dessin animé Totally Spies, ces mini-ordinateurs de poche au look « féminin ». Leur inspiration provient du mouvement « cyberpunk », imaginé par l’écrivain américain William Gibson, auteur du roman de science-fiction *Neuromancien*. Dans ce livre, des hackers créent leurs propres consoles portables pour se connecter librement au cyberespace, équivalent d’Internet dans cette œuvre de 1984.

Cette idéologie est également présente dans les cyberdecks. « Ils mettent clairement l’accent sur le « faire soi-même », explique Jessi Lab, créatrice de contenu et ingénieure en défense, qui propose des tutoriels pour créer des robots. « L’objectif est de concevoir un ordinateur qui correspond à ses besoins, que l’on peut modifier aisément. Ils permettent de mieux appréhender la technologie qui nous entoure et de reprendre le contrôle sur des objets généralement achetés tout faits. » Selon elle, c’est l’une des raisons de leur popularité.

### Se faire une place en tant que femme dans le secteur technologique

Derrière ces petits dispositifs se cache une importante dimension politique. Bien que de nombreuses femmes soient à l’origine de leur création, le monde technologique demeure souvent excluant pour elles. D’après une étude de l’INSEE, elles ne représentaient que 24 % des employés du secteur tech en 2023. De plus, 70 % d’entre elles sont plus souvent diplômées qu’un tiers des hommes, tout en ayant moins d’expérience.

Jessi Lab témoigne : « Si l’accès à ces métiers est ouvert à tous, le manque de représentation peut constituer un obstacle. » C’est l’une des raisons pour lesquelles elle a choisi de partager son métier sur les réseaux sociaux, une démarche similaire à celle des créatrices de cyberdecks.

### Reprendre le contrôle

Les cyberdecks sont simples et faciles à utiliser. Jessi Lab précise qu’ils ne visent pas à remplacer les ordinateurs classiques, mais à « proposer une approche différente, plus personnalisée et éducative. Ils permettent surtout de mieux comprendre le fonctionnement du matériel informatique. »

Cette opinion est confirmée par Annike Tan, connue sous le nom d’Ube boobey sur TikTok, dans une interview pour le magazine britannique Dazed :

> « C’était à la fois l’envie de découvrir un nouveau passe-temps […] et le désir d’avoir une liberté totale sur ma consommation de médias. »

En effet, la majorité des créatrices de cyberdecks testent différentes idées et partagent leur processus de création. Elles s’appuient souvent sur des tutoriels YouTube pour développer des technologies adaptées à leurs besoins. Annike Tan a, par exemple, choisi de stocker des milliers d’articles de Wikipédia dans son premier cyberdeck, tandis que dans un autre, elle a fabriqué un lecteur MP3. Ces dispositifs peuvent également servir de console de jeux rétro, de Tamagotchi ou même de télévision pour visionner ses séries préférées.

Le tout, éloigné de l’IA et des systèmes de collecte de données. Ce qui, selon elle, est le plus intéressant, c’est qu’on « ne se contente pas d’utiliser la technologie, on comprend réellement comment elle fonctionne ». Elle souligne également l’accessibilité de ces produits, la carte utilisée comme ordinateur, conçue par Raspberry Pi, coûtant entre 35 et 80 euros.

Pour Jessi, les cyberdecks sont appelés à se développer, grâce à des outils de plus en plus accessibles, comme les imprimantes 3D. « Cependant, cela restera avant tout un loisir créatif et technique pour ceux qui aiment créer, apprendre et personnaliser leurs outils, plutôt qu’un produit destiné à remplacer les ordinateurs du quotidien. »