
Canicule : Comprendre l’îlot de chaleur urbain à Paris.
La nuit, à Paris, un écart de température de + 6,5°C par rapport à la campagne environnante est généralement constaté après une journée d’été fortement ensoleillée. Grenoble arrive en seconde position des aires urbaines surchauffées la nuit, avec un écart moyen de température supérieur à 4,5°C mesuré dans des villes comme Lyon, Lille ou Reims.
Le contraste est frappant. La nuit, en milieu urbain, les différences de température avec des zones moins urbanisées peuvent être significatives. « En période de forte chaleur et plus particulièrement de canicule, la température a du mal à redescendre la nuit et une sorte de dôme d’air plus chaud couvre la ville », précise Météo-France, dont les relevés sont indiscutables. « Aux alentours, il peut faire jusqu’à dix degrés de moins. » Ce phénomène est connu sous le nom d’îlot de chaleur urbain (ICU).
La chaleur accumulée est plus élevée qu’à la campagne. Les causes sont variées. « De nombreux facteurs empêchent l’espace urbain de se refroidir », soulignent les experts, citant le modèle d’urbanisation, les revêtements des sols, ainsi que le manque de végétation ou d’eau dans les espaces publics. La présence de grands immeubles et la densité des murs entravent la circulation de l’air, tandis que le bâti stocke la chaleur.
Des matériaux de construction tels que le béton, la brique ou la pierre absorbent facilement la chaleur durant la journée par le rayonnement solaire, et la restituent progressivement dans l’atmosphère la nuit, empêchant ainsi l’air de se refroidir.
Le phénomène est particulièrement prononcé à Paris, où un écart de température de + 6,5°C par rapport aux zones rurales environnantes est habituellement observé à l’issue d’une journée d’été ensoleillée, d’après les chercheurs de Météo France et du CNRS. Paris sera également la seule ville en France à voir la température rester au-dessus des 30 °C durant la nuit de jeudi à vendredi. L’ensemble de la population parisienne est exposée à un ICU de forte ou très forte intensité.
Grenoble se classe au deuxième rang des agglomérations surchauffées la nuit. Un écart de température moyen supérieur à 4,5°C est également mesuré dans les villes de Lyon et Lille, tandis que Reims suit derrière. À l’opposé, la différence est beaucoup moins marquée dans les villes du sud-est de la France, notamment Montpellier, où l’écart n’est que de + 1,8°C avec la périphérie.
