Coupe du monde 2026 : À l’École française de Boston, les enfants soutiennent les Bleus sans passion pour le foot.
Les élèves de l’Ecole française de Boston ont tous préféré la finale de la NFL au Super Bowl. Selon US Youth Soccer, environ 2,5 millions d’enfants jouent dans des clubs de football aux États-Unis.
De notre envoyé spécial à Boston,
La réponse a été sans équivoque. Lorsqu’on a interrogé les élèves de l’Ecole française de Boston, située dans le quartier de Cambridge, sur leur préférence entre le Super Bowl et la finale de la Ligue des champions, tous ont choisi la finale de la NFL, qui a vu cette année les Seattle Seahawks être couronnés champions. Cette réponse a surpris, car dans cet environnement bleu, blanc, rouge, on aurait pu penser que l’engouement pour le football, ou ballon rond, l’emporterait largement sur les sports américains. Ce n’est pas tout à fait le cas, encore.
« Ils sont sensibles au football, mais tous les parents ne sont pas français, donc ils ont tout de même une solide culture des sports américains. Même si ici, toute l’éducation se fait en français et qu’on leur a beaucoup parlé de football cette année à l’occasion de la Coupe du monde », indique Coline Baudoin-Canil, membre du personnel de l’EFB, qui accueille un peu moins de 200 élèves sur plusieurs sites et qui va, pour la première fois à la rentrée, intégrer des enfants qui ne parlent pas français.
Ce n’est pas le cas de Julianne (11 ans), dont les parents sont français. Elle a commencé le football à l’âge de 3 ans dans une équipe à Boston, avant d’être repérée pour ses capacités en tant que gardienne. « À l’entrée au CP, on m’a dit que j’étais douée pour jouer gardienne, et depuis, je participe à des tournois contre d’autres villes. J’aime bien regarder les matchs, surtout ceux de l’équipe de France et de l’OM, car mon père est supporter de Marseille. »
« À partir d’un certain âge, il y a un switch »
Sébastien, 9 ans, dont le français est teinté d’un accent américain, « adore » aussi le football et joue dans une équipe de la banlieue de Boston. Cet enfant, dont la mère est française et le père canadien, a assisté à plusieurs matchs des New England Revolution en MLS et était également au Gillette Stadium pour soutenir les Bleus face au Brésil en mars.
Il a également eu la chance de participer au seul entraînement des Bleus ouvert au public depuis le début de la Coupe du monde à l’université de Bentley. De plus, il devait, bien que la surprise ne lui ait pas encore été révélée au moment de notre entretien, assister à son premier match de Coupe du monde dans l’enceinte des Patriots.
« Le football, il y a quand même beaucoup d’enfants qui s’y plongent dès leur jeune âge, c’est une activité qu’ils pratiquent dès petits, car c’est un sport facile à jouer », explique le père de Sébastien à la sortie de l’école. Selon US Youth Soccer, environ 2,5 millions d’enfants participent à des clubs. À titre de comparaison, près de 30 millions d’enfants de plus de 6 ans jouent au basket. Toujours selon le père de Sébastien :
« Je pense aussi que c’est une question de transmission. Si on regarde des matchs à la télévision, si on assiste à des matchs, cela leur donne des outils pour comprendre et s’enthousiasmer pour le football. Mais à partir d’un certain âge, l’intérêt se tourne vers les sports les plus populaires ici. »
Le hockey et le baseball en concurrents
Mila (9 ans) n’a pas attendu de grandir pour développer une passion pour un autre sport que le football, malgré son maillot du PSG. Sa préférence va vers le hockey sur glace, avec une mention particulière pour les Boston Bruins, six fois champions de la Stanley Cup. Elle a même choisi de parler des « Black, Gold and White » plutôt que de la Coupe du monde durant un exercice qui servait à simuler une activité journalistique (oui, le recrutement se fait partout).
Cependant, elle joue également au football dans une équipe depuis l’âge de 4 ans. « Mais je préfère quand même le hockey, un peu plus que le foot. J’ai déjà assisté à un match des Bruins au TD Garden, raconte-t-elle. En revanche, je parle quand même de football avec mes amis, ce n’est pas compliqué. » Même ceux qui ne sont pas férus de football soutiennent sans réserve les Bleus durant cette Coupe du monde.

Tout comme Auggie (9 ans), vêtu d’un tee-shirt de l’équipe de France et arborant une longue chevelure, qui essaie lui aussi de concilier deux passions : le football et le baseball. « Le soccer, c’est génial, je l’ai découvert quand j’avais deux ans grâce à la télévision. Je pratique les deux sports, même si notre équipe de football vient de perdre en demi-finale, j’aime vraiment ça et nous y jouons presque à toutes les récréations. Cependant, mes amis ne s’y intéressent pas trop. »
Un peu comme Yatzi (10 ans), ce qui désole ses parents. Son père, uruguayen, a même fait un voyage au Mexique, d’où vient sa mère, pour suivre la Celeste. Mais la passion de Yatzi, à qui ses parents avaient offert un maillot de Federico Valverde, se trouve dans la danse, une discipline pour laquelle elle excelle.
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« Ma fille n’est pas du tout intéressée par le football, son frère l’est un peu plus, nous confie Pamela, leur mère. Il est très difficile de transmettre la passion pour le football aux Etats-Unis, même si ici, à l’EFB, ils sont français, donc ils ont un peu plus d’intérêt pour ce sport et le comprennent. » De plus, ils sortent souvent vainqueurs. Il faudra peut-être envisager d’ajouter trois grandes étoiles au-dessus de l’entrée de l’école.
