France

Affaire Lyhanna : 134 détenus provisoires depuis le réexamen de 70.000 plaintes

Les rapporteurs de la mission d’inspection ont pointé une série de dysfonctionnements des enquêteurs dans les dossiers de violences sexuelles contre des enfants. Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans, disparue le 29 mai dans le Gers, n’avait jamais été inquiété jusque-là alors qu’il était notamment visé par une plainte déposée en août par la mère de Rosa, une enfant de 10 ans qui l’accuse de l’avoir violée « une cinquantaine de fois ».


« L’urgence n’a pas été prise en compte ». Ce lundi, les rapporteurs de la mission d’inspection mise en place suite au décès de la jeune Lyhanna ont souligné plusieurs dysfonctionnements des enquêteurs concernant les affaires de violences sexuelles sur des enfants.

Le rapport élaboré par l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la Justice (IGJ) est très attendu après le drame de la jeune fille, retrouvée morte dans le Gers, qui a ému l’ensemble du pays. À ce propos, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis de ne pas se « défausser » face à « une vérité d’une extrême gravité ».

**134 personnes en détention provisoire**

Le gouvernement cherche à démontrer que des premiers enseignements ont été tirés de cette affaire : le réexamen urgent des 70 000 dossiers de plaintes concernant des enfants, avec une date limite fixée au 14 juillet, a déjà conduit à la détention provisoire de 134 individus pour violences sexuelles.

Jérôme Barella, principal suspect dans le viol et le meurtre de Lyhanna, âgée de 11 ans, disparue le 29 mai dans le Gers, n’avait jamais été inquiété jusqu’à présent, bien qu’il ait été visé par une plainte déposée en août par la mère d’une enfant de 10 ans, qui l’accuse de l’avoir violée « une cinquantaine de fois », selon le rapport. Cela avait incité Gérald Darmanin, ministre de la Justice, à dénoncer les fautes individuelles des magistrats avant de demander le réexamen urgent des 70 000 dossiers.

Sur X, Sébastien Lecornu a indiqué que la mission avait « établi une vérité d’une extrême gravité », à savoir que « la chaîne de protection a failli », en raison d’une « succession d’erreurs, de négligences, d’inactions et de mauvaises décisions ».

**Une plainte contre l’État**

La mort de Lyhanna continue de susciter des mobilisations pour demander une meilleure protection des victimes de violences sexuelles et sexistes. De nouveaux rassemblements sont prévus lundi devant plusieurs tribunaux. La colère des familles demeure également intacte. L’une d’entre elles s’apprête à déposer une plainte contre l’État pour « faute lourde » et à saisir la Cour de Justice de la République contre Gérald Darmanin.

L’exécutif fait face à une pression croissante pour que des mesures soient prises rapidement : une loi dite « intégrale » de 78 articles, soutenue par une centaine de députés issus de la gauche et de la coalition gouvernementale. Ce lundi, Sébastien Lecornu a réaffirmé sa volonté prioritaire de renforcer le projet de loi sur la protection de l’enfance « lors d’un tout prochain Conseil des ministres ».