Cinq talibans obtiennent un visa belge de un jour pour négocier le rapatriement des demandeurs d’asile afghans.
La Belgique a accordé lundi après-midi des visas à une délégation talibane pour une mission auprès de la Commission européenne, valables uniquement pour une journée et seulement pour la Belgique. Les analyses menées par la Sûreté de l’Etat et le Service Général de Renseignement et de Sécurité (SGRS) n’ont pas fait apparaître d’informations selon lesquelles ces personnes représenteraient une menace pour la sécurité du pays.
La Belgique a délivré, lundi après-midi, des visas à une délégation talibane pour une mission auprès de la Commission européenne. Ces visas ne sont valables que pour une journée, selon les indications du cabinet du ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, et ne concernent que la Belgique, sans applicability à l’ensemble de la zone Schengen.
Les évaluations effectuées par la Sûreté de l’Etat et le Service Général de Renseignement et de Sécurité (SGRS) n’ont révélé aucune information suggérant que ces personnes représenteraient une menace pour la sécurité nationale. Selon la VRT, ces analyses montrent qu’il n’existe « aucune information permettant de conclure que les personnes concernées constituent une menace sur le territoire belge ».
La date de la visite n’a pas été annoncée pour des raisons de sécurité, précise le cabinet du ministre belge, qui renvoie à la Commission européenne pour toute information complémentaire. D’après Euractiv, qui cite des sources proches des préparatifs, la délégation talibane devrait arriver ce mardi.
La future visite de cette délégation à Bruxelles a suscité des controverses depuis plusieurs semaines. En mai, la Commission européenne avait exprimé son « intention d’inviter prochainement des responsables talibans à Bruxelles pour des discussions portant sur le renvoi de migrants vers l’Afghanistan ». Euractiv avait expliqué en avril que des représentants talibans étaient attendus à Bruxelles avant l’été pour discuter avec des responsables européens et nationaux sur l’éventuelle expulsion de ressortissants afghans condamnés pour des crimes et considérés comme des menaces pour la sécurité, à l’invitation de la Commission européenne et d’autres délégations nationales.
La Commission soutient que cette réunion se déroulera à un « niveau technique » et non directement avec les dirigeants du gouvernement, afin d’éviter toute impression de reconnaissance formelle du gouvernement taliban, selon des responsables européens cités par Euractiv.
Cependant, cette initiative suscite l’indignation chez des ONG, en raison des violations des droits humains commises par le régime taliban. Elle nécessite aussi un dialogue avec les autorités talibanes, revenue au pouvoir en 2021, que l’UE ne reconnaît pas officiellement. « Les pays de l’UE sapent leur crédibilité en condamnant d’un côté les exactions des Talibans, exigeant que les responsables rendent des comptes, tout en coopérant avec les Talibans sur les retours forcés d’autre part », a dénoncé Human Rights Watch (HRW).
M. Prévot a déclaré qu’il désapprouvait une telle invitation, mais qu’en tant qu’Etat hôte des institutions européennes, la Belgique ne pouvait pas refuser de délivrer les visas demandés. La semaine précédente, le chef de la diplomatie belge avait indiqué son « désaccord personnel avec la démarche d’inviter des représentants du régime des Talibans à Bruxelles ».
Cependant, il a ajouté qu’en tant que pays hôte des institutions européennes, la Belgique doit « faciliter les réunions organisées par celles-ci et ne pas créer d’obstacles ». « Cela ne vaut pas invitation par la Belgique ».
