Belgique

Keir Starmer démissionne, Andy Burnham se présente pour le remplacer.

Keir Starmer a annoncé sa démission ce lundi, cédant ainsi à la pression d’un grand nombre de voix pour laisser la place à Andy Burnham. La procédure visant à désigner son successeur s’ouvrira le 9 juillet, avec une clôture des candidatures avant la fin de la pause estivale, le 1er septembre.


Keir Starmer a finalement cédé, ce lundi, face à la rébellion grandissante au sein de son propre camp. Le Premier ministre britannique travailliste a annoncé sa démission, répondant ainsi à la pression de nombreuses voix qui demandent son départ pour permettre à Andy Burnham, le maire du Grand Manchester, de prendre sa place.

Andy Burnham a, en effet, remporté avec aisance une élection législative partielle vendredi dans le nord-ouest de l’Angleterre, ce qui représente une première étape clef pour remplacer Keir Starmer, ce dernier étant tenu responsable de la déroute historique du Parti travailliste lors des élections locales du 7 mai.

La réponse d’Andy Burnham a été rapide. Ce lundi, il a confirmé sa candidature pour succéder à Keir Starmer. Il a déclaré sur X que la démission de Starmer « marque le début d’une transition« , ajoutant : « Je me porte candidat« .

Wes Streeting, l’autre candidat déclaré, a exprimé son soutien à Burnham. « Nous pouvons retrousser nos manches et l’aider à mettre en œuvre le changement dont notre parti et notre pays ont besoin. C’est le choix que je fais, et j’espère que tout le monde soutiendra aussi Andy« , a-t-il écrit dans une lettre sur X.

Un (ou une) septième Premier ministre en un peu plus de 10 ans

Lors d’une allocution au 10, Downing Street, la résidence du Premier ministre britannique, Keir Starmer, visiblement ému, a informé qu’il avait partagé sa décision avec le roi Charles III plus tôt dans la journée, promettant d’apporter tout son soutien à son successeur.

« La question que se pose actuellement mon parti est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire à cette question, et j’accepte cette réponse de bon cœur« , a-t-il ajouté.

Keir Starmer a précisé que la procédure pour désigner son successeur débuterait le 9 juillet, remerciant également les membres de son parti, sa femme et ses enfants pour leur soutien.

« J’ai parlé à Sa Majesté le roi ce matin pour l’informer de ma décision. Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d’établir un calendrier prévoyant l’ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale (ndlr : le 1er septembre). En cas d’élection interne, cela garantira qu’un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement […] Je ferai tout pour assurer une passation de pouvoir dans les règles« , a également déclaré le dirigeant de 63 ans devant les caméras.

Andy Burnham devrait donc normalement être celui qui prendra la succession de Keir Starmer, mais dans tous les cas, la Grande-Bretagne comptera un (ou une) septième Premier ministre en un peu plus de dix ans, un rythme sans précédent depuis presque deux siècles.

Dans ce contexte, Nigel Farage, grand gagnant des récentes élections locales au Royaume-Uni, a demandé l’organisation de nouvelles élections législatives. Le Labour détient une large majorité au Parlement et des élections législatives ne sont pas attendues avant 2029.

Qui est « le mieux placé »?

Pour Keir Starmer, cet aveu d’échec intervient moins de deux ans après la large victoire de son parti lors des élections législatives de juillet 2024, qui a mis fin à quatorze années de gouvernements conservateurs.

Il a mis en avant, lundi, ses réalisations en matière d’économie, d’accès à la santé et de soutien à l’Ukraine. Cependant, il a également reconnu avoir entendu le message de son parti.

« La question que se pose mon parti aujourd’hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J’ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire et j’accepte cette réponse« , a-t-il déclaré.

D’après Sky News, plusieurs figures importantes du gouvernement, y compris la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, lui ont conseillé de fixer une date pour son départ de 10, Downing Street.

Erreurs notables

Plus de 100 députés travaillistes demandaient son départ, représentant environ un quart des députés du parti, selon l’agence Press Association. Même Donald Trump avait anticipé, dès dimanche, la démission de son homologue britannique, affirmant sur sa plateforme Truth Social que « Keir Starmer va démissionner« , lui souhaitant « le meilleur« , sans prendre de grand risque.

Lorsque cet ancien avocat est arrivé à Downing Street, les attentes étaient élevées après le long mandat des conservateurs. Pourtant, deux ans plus tard, le Royaume-Uni fait encore face à une économie stagnante et à une forte hausse du coût de la vie.

Keir Starmer a également commis des erreurs significatives, comme nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Neuf mois plus tard, celui-ci fut limogé suite à des révélations concernant son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.

Le direct de nos confrères de la BBC :