Transition énergétique : la Tunisie dépasse Maroc et Algérie en 2026
La Tunisie occupe la 62e place mondiale sur 120 pays dans l’édition 2026 de l’Energy Transition Index (ETI), avec un score global de 56 points. Elle obtient 62,4 points pour la performance de son système énergétique actuel et 46,3 points pour la préparation à la transition énergétique.
La Tunisie se classe 62e sur 120 pays dans l’édition 2026 de l’Energy Transition Index (ETI), publiée par le Forum économique mondial (WEF) en collaboration avec Accenture. Avec un score global de 56 points, le pays est considéré comme ayant une performance intermédiaire, ce qui confirme une position stable mais encore fragile dans la transition énergétique mondiale.
Ce classement, devenu une référence internationale, évalue chaque pays sur sa capacité à réaliser une transition énergétique équilibrée. Il repose sur deux dimensions principales : la performance actuelle du système énergétique (sécurité, accessibilité et durabilité) et la préparation à une transition vers un modèle plus propre et innovant. Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’analyser la situation actuelle, mais également la capacité des États à transformer durablement leur modèle énergétique.
Sans surprise, les pays nordiques dominent ce classement. La Suède est en tête avec 75,3 points, suivie par la Finlande (74,1) et le Danemark (72,6). Ces pays affichent un avantage structurel grâce à des politiques énergétiques cohérentes, d’importants investissements dans les énergies renouvelables et une forte intégration de l’innovation dans leurs systèmes électriques. L’Estonie et la Norvège complètent les cinq premiers au niveau mondial.
Dans ce contexte dominé par l’Europe du Nord, la Tunisie trace sa propre voie. Elle se distingue au niveau régional en se classant 62e mondialement, devant le Maroc (72e, 54,5 points), l’Algérie (94e, 50,7 points) et l’Égypte (84e, 52,6 points). Cette position confirme une réalité souvent observée dans les rapports internationaux : la Tunisie possède un système énergétique relativement structuré par rapport à ses voisins immédiats, malgré des ressources limitées.
Cependant, les données détaillées du rapport nuancent ce constat. La Tunisie obtient un score de 62,4 points pour la performance de son système énergétique actuel, montrant une certaine stabilité en matière d’accès à l’énergie et de gestion du réseau. En revanche, elle atteint uniquement 46,3 points pour sa préparation à la transition énergétique, un indicateur essentiel qui évalue la capacité d’un pays à attirer des investissements, moderniser ses infrastructures et accélérer l’adoption des énergies propres.
Cet écart entre les deux composantes met en lumière le principal défi pour la Tunisie : un système fonctionnel aujourd’hui, mais qui peine à se projeter pleinement dans l’avenir. Bien que le pays dispose d’un potentiel important, notamment dans le solaire et les énergies renouvelables, la transformation de ce potentiel en projets concrets est limitée par des contraintes d’investissement, de gouvernance et de cadre réglementaire.
Au niveau régional, la Tunisie se situe dans un groupe intermédiaire du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Elle est devancée par plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis (49e), l’Arabie saoudite (55e) et le Qatar (58e), mais conserve une position favorable par rapport à de nombreuses économies émergentes de la région. Cette situation témoigne d’un équilibre fragile : ni un leader incontesté dans la région, ni un pays en retard structurel.
Le rapport du WEF souligne également un contexte mondial de transition de plus en plus complexe. L’augmentation des coûts de financement, les tensions géopolitiques et les incertitudes politiques ralentissent les investissements dans les énergies propres, même dans les économies avancées. Dans ce contexte, la capacité des pays à sécuriser des financements et à offrir un cadre stable devient tout aussi cruciale que leurs ressources naturelles.
Pour la Tunisie, le message est clair. Sa base énergétique actuelle permet de garantir une stabilité, mais la prochaine étape nécessitera un changement de cap. Le défi ne se limite plus à produire et gérer, mais à transformer, innover et attirer les capitaux nécessaires pour construire un modèle énergétique durable.
En résumé, le classement 2026 dessine une Tunisie à deux vitesses : elle est solide dans son présent énergétique, mais en quête d’un élan déterminant pour son avenir. Cette position intermédiaire offre des opportunités, mais impose également une nécessité d’accélération stratégique pour que le pays puisse consolider sa place dans la nouvelle carte mondiale de l’énergie.
