Pourparlers Iran-Etats-Unis en Suisse : le Liban, sujet crucial selon Téhéran
L’Iran a déclaré dimanche que la situation au Liban serait le « principal » sujet des pourparlers avec les Etats-Unis organisés en Suisse dans la journée. Le vice-président américain, JD Vance, a atterri tôt dimanche matin sur la base aérienne d’Emmen, près de Lucerne dans le centre de la Suisse, selon son porte-parole.
L’Iran a annoncé dimanche que la situation au Liban, où l’armée israélienne affronte le Hezbollah soutenu par Téhéran, serait le « principal » sujet de discussion lors des pourparlers avec les États-Unis prévus en Suisse.
« Le régime sioniste (Israël, NDLR) continue de violer ses engagements au Liban. Cette question sera le principal sujet des discussions d’aujourd’hui », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Il a ajouté que « la cessation des hostilités au Liban est cruciale » pour l’Iran, tout en notant qu' »une trêve fragile était en vigueur depuis hier (samedi) ».
Les discussions incluront également la question du déblocage des avoirs gelés iraniens ainsi que les ventes de pétrole, selon une vidéo diffusée par l’agence officielle Irna. Les pourparlers, qui se dérouleront sur une seule journée, seront médiés par le Pakistan et le Qatar. L’Iran doit d’abord rencontrer les médiateurs dans la matinée, suivis de discussions quadrilatérales l’après-midi avec eux et les États-Unis.
Dans ce contexte, le président iranien a affirmé que son pays ne cherchait pas à obtenir la bombe nucléaire mais ne renoncerait pas à son programme d’enrichissement.
Ces négociations sur le programme nucléaire iranien sont prévues pour une durée renouvelable de 60 jours. Cependant, des tensions persistent avec la poursuite des combats au Liban, et l’Iran a annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz en représailles.
Le vice-président américain, JD Vance, est arrivé dimanche matin en Suisse, atterrissant sur la base aérienne d’Emmen, près de Lucerne, comme l’a confirmé son porte-parole.
La délégation iranienne, arrivée samedi soir d’après le gouvernement suisse, est composée du négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, du ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi et du gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati. Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été essentielle pour conclure l’accord du 17 juin, a également annoncé qu’il se rendait en Suisse.
JD Vance a déclaré à la presse avant son départ qu’il espérait des progrès sur les questions nucléaire et de cessez-le-feu au Liban, deux enjeux majeurs qu’il a identifiés. Les discussions se tiendront dans un hôtel de luxe sur le Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne. Des discussions « préparatoires » ont débuté samedi entre diplomates, avec confirmation par le ministère iranien des Affaires étrangères de la tenue de discussions « techniques » dimanche entre Iraniens et Américains.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a averti samedi que le protocole serait « en danger » si ses clauses n’étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban, où les combats se poursuivent entre Israël et le Hezbollah.
Des frappes israéliennes ont causé plusieurs dizaines de morts samedi au Liban, avant une interruption observée en fin de journée, lorsque l’armée israélienne a reçu l’ordre de cesser les opérations tout en continuant de façon « défensive » dans le sud.
« La peur domine chez tout le monde », a rapporté un habitant de Tayr Debba au correspondant de l’AFP. L’armée israélienne a signalé qu’un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban. Le Hezbollah a intensifié les tensions en tirant des roquettes sur Israël en réaction à la mort du guide suprême iranien, tué lors de frappes américano-israéliennes sur Téhéran le 28 février. Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont causé 4057 morts, selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé.
Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a déclaré que la situation « s’améliore » au Liban, évoquant le défi d’arrêter les échanges de tirs pour permettre la mise en œuvre d’un cessez-le-feu durable.
Un sondage publié dimanche indique que les Israéliens estiment majoritairement que l’Iran a été renforcé par le conflit au Moyen-Orient, mettant en lumière un mécontentement sur la conduite de la guerre, tout en conservant un fort soutien à l’action militaire au Liban.
L’enquête, réalisée entre le 17 et le 20 juin auprès de 3644 personnes par l’Université hébraïque de Jérusalem et l’Institut Agam, révèle que 92% des participants estiment que l’Iran a gagné ou a le plus profité de l’affrontement, tandis que 83% croient que la sécurité à long terme d’Israël est affaiblie.
Après les récents affrontements au Liban, le commandement central de l’armée iranienne a déclaré que « le détroit d’Ormuz serait fermé au trafic maritime », considérant cela comme une « première mesure en réponse à la violation des engagements par l’ennemi ». Il a également menacé d’autres « mesures » si nécessaire pour contraindre l’ennemi à respecter ses obligations.
La réouverture du détroit constitue un point clé du protocole d’accord américano-iranien, l’Iran ayant initialement bloqué cette voie maritime stratégique à l’origine de 20% des hydrocarbures mondiaux. Suite à cette annonce, le commandement américain pour le Moyen-Orient a précisé que ses forces demeuraient « vigilantes », ajoutant que 55 navires marchands ont réussi à passer le détroit en toute sécurité samedi. Téhéran a également suggéré la possible mise en place de « frais » pour les navires circulant dans le détroit, une annonce corroborée par le président américain Donald Trump, qui a menacé d’imposer un péage si les discussions avec l’Iran échouent.
