Cessez-le-feu au Liban : négociations Iran-Etats-Unis dimanche en Suisse
Les pourparlers entre les Etats-Unis et l’Iran débutent dimanche en Suisse et sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Selon le dernier bilan du ministère libanais de la Santé, les opérations israéliennes au Liban ont causé 4.057 morts depuis le début de la guerre.
Trouver un accord de paix durable est l’objectif des négociations entre les États-Unis et l’Iran, qui commencent ce dimanche en Suisse, quatre jours après la signature d’un protocole d’accord, déjà en difficulté, visant à mettre fin aux hostilités. L’Iran a indiqué que la situation au Liban serait le « principal » sujet de discussion, bien que les questions du déblocage des avoirs iraniens gelés et du nucléaire figurent également à l’ordre du jour.
Ces pourparlers sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même leur commencement, plusieurs obstacles se sont déjà accumulés, notamment la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l’accord-cadre stipulant la fin des hostilités sur tous les fronts, ainsi que l’annonce par Téhéran d’une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz en représailles.
Les négociations débuteront dans la matinée, selon la diplomatie suisse, qui a précisé que la délégation américaine, dirigée par le vice-président JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, sont arrivées à l’hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, où se dérouleront les discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également présents.
Arrivée samedi soir, la délégation iranienne inclut selon la télévision d’État iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati. Les discussions devraient se prolonger « quelques jours », a déclaré JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu’il ne pourrait rester en Suisse « qu’un jour ou deux ».
« J’espère qu’on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer », a-t-il affirmé. L’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, sont également en Suisse, selon JD Vance. Les pourparlers visent à aboutir à un accord final mettant un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l’Iran le 28 février. Ces hostilités ont causé des milliers de décès, principalement en Iran et au Liban, et ont perturbé l’économie mondiale.
Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a cependant averti samedi les États-Unis que le protocole d’accord serait « en danger » si ses clauses n’étaient pas rapidement appliquées, en rapport avec la situation au Liban. Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a également appelé à la prudence face à tout « optimisme », affirmant sur X que « l’ennemi a montré qu’il ne tenait pas ses promesses ».
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient à travers des tirs de roquettes sur Israël en vengeance de la mort du guide suprême iranien, tué lors du conflit. Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan samedi du ministère libanais de la Santé. De son côté, l’armée israélienne a annoncé qu’un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début des hostilités. Elle a précisé que ses troupes n’effectueraient « pas de frappes proactives », mais opéreraient « de manière défensive » au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.
Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a affirmé que la situation « s’améliore » au Liban. « Le gros problème, c’est que vous allez avoir quelqu’un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu’un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l’œuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c’est ce qu’on essaie de faire », a-t-il déclaré. Ce sujet sera donc central lors des négociations, tout comme la question du déblocage des avoirs gelés iraniens et de ses ventes de pétrole.
