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Coupe du monde : ces fous regardent tous les matchs la nuit

Reda, 32 ans, suit la Coupe du monde depuis son enfance et se lance le défi de regarder toutes les rencontres, rappelant que les horaires peuvent être parfois difficiles comme lors du Mondial de 2014 au Brésil. Simon, étudiant en reconversion, affirme être en pleine forme et se lève entre 10h et 12h en fonction de la fin des matchs.

Les passionnés du Mondial sont là. Alors que la majorité des Français dorment, Reda, Luis et Simon se consacrent aux plus grandes affiches nocturnes de la Coupe du monde 2026, telles qu’Autriche-Jordanie, Nouvelle-Zélande – Iran et Ghana – Panama, programmées entre minuit et six heures du matin. Bien que cela puisse sembler un rituel masochiste, les concernés ressentent un véritable plaisir, alimenté par leur amour inconditionnel pour le football. « Je suis le football depuis que je suis petit et à chaque Coupe du monde, je me lance comme défi de regarder toutes les rencontres, raconte Reda, 32 ans. Ce Mondial me rappelle celui du Brésil en 2014 avec des horaires parfois difficiles. »

Luis, de son côté, apprécie de découvrir des affrontements inconnus. « Ce que j’aime dans les grandes compétitions, c’est de voir des équipes que je ne connais pas et que je ne verrai peut-être plus jamais. Haiti-Écosse m’a vraiment plu, et au final, j’ai trouvé que c’était un gros match. Le Turquie-Paraguay, samedi à 6h du matin, va également me plaire. » Quoi qu’il en soit, la nuit n’est pas un obstacle ; peu importe la fatigue, l’essentiel est de suivre les matchs.

Gestion du sommeil, café et boissons énergisantes

La question du sommeil est cruciale. Lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil, un Chinois de 25 ans est décédé d’une crise cardiaque après avoir enchaîné deux nuits blanches pour suivre les matchs. Tandis que Simon, étudiant en reconversion, ne rencontre aucun problème – « Je suis en pleine forme, je me lève entre 10h et 12h selon la fin du dernier match » – Luis, lui, gère son sommeil de manière pragmatique.

« En temps normal, je dors entre 4 à 6 heures par nuit. J’essaie de maintenir mon rythme normal, sauf que j’étale mes heures de sommeil sur la journée. Dès que j’ai la possibilité de dormir une heure, je la saisis, que ce soit pendant la pause déjeuner, entre deux matchs ou après le travail. »

Malgré son emploi du temps bien rodé, ce banquier, supporter du Portugal, connaît des baisses d’énergie inévitables dans l’après-midi. « Dans ces cas-là, je prends un café et ça repart. » Reda, quant à lui, se tourne plutôt vers les boissons énergisantes lorsqu’il a besoin de se dynamiser durant les heures creuses de la nuit. « Le plus difficile, c’est la pause fraîcheur qui te sort du match, surtout quand il est à 4h ou 6h du matin, ou l’intervalle entre deux matchs. » Préparant son concours pour devenir professeur d’histoire-géo, il profite de ces moments pour lire un chapitre ou jouer à des jeux vidéo.

Pour Luis, en revanche, chaque pause est une occasion de récupérer du sommeil. « Je mets les réveils cinq minutes avant le début des matchs, juste assez pour pouvoir me réveiller. » Dans son bonheur, il est chanceux de partager sa vie avec une compagne au sommeil profond, que ni la lumière ni le bruit de la télévision ne parviennent à perturber.

« À 6h, les oiseaux chantent et toi, tu es devant un match de football »

Il reste à aborder la question, délicate, de la vie sociale et personnelle. Cela ne semble pas être un souci pour Simon. « Si on ne peut pas regarder les matchs en direct avec les amis, on les suit en s’envoyant des messages vocaux. Le seul petit inconvénient, c’est que comme j’habite chez ma mère, on ne se voit pas beaucoup en raison de ses horaires de travail. » Un constat similaire pour Reda. Bien qu’il ait un rendez-vous avec une femme qu’il retarde depuis deux semaines, car « la Coupe du monde, c’est tous les quatre ans, et peut-être que la prochaine je serai mort ou j’aurai un enfant », il ne se sent pas seul, son meilleur ami le suivant dans cette passion 100 % Coupe du monde.

Cependant, le futur professeur d’histoire-géographie évoque ce sentiment de décalage à la fin de la nuit. « Le plus difficile, c’est sans doute le match de 6h du matin, comme Australie – Turquie ou Autriche – Jordanie, car en le regardant, tu sens que tu es en dehors du temps et de la société. Il fait jour, les oiseaux chantent, tu entends le bruit des gens qui commencent leur journée, et toi tu es devant un match de football. » Et si c’était cela, aimer à la folie ?