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Recharger sa voiture sur une prise vélo : légalité et Lidl.

De plus en plus de parkings installent des prises pour vélos électriques, gratuites et en libre accès. L’article 311-2 du Code pénal assimile au vol la soustraction frauduleuse d’énergie.


De plus en plus de parkings mettent à disposition des prises gratuites pour vélos électriques en libre accès. Toutefois, une question préoccupe de nombreux automobilistes : est-il permis d’y brancher sa voiture ?

Plusieurs médias rapportent une astuce de recharge gratuite : quelques mètres et une prise fournissant du courant gratuit pour les vélos électriques font résonner une idée : et si l’on branchait sa voiture le temps de faire ses courses ? Cette proposition paraît trop belle, en effet.

Certains parkings, notamment ceux de Lidl, sont équipés d’arceaux pour vélos dotés de prises renforcées, accessibles sans badge ni paiement. Rien ne s’oppose physiquement à y raccorder une voiture avec le bon câble. Le premier problème réside dans la puissance. Ces prises sont limitées à environ 1,6 kW. À cette vitesse, on peut récupérer une vingtaine de kWh en une dizaine d’heures de stationnement, alors qu’une borne rapide permettrait d’en fournir autant en dix minutes. Un plein de 50 kWh sur une véritable borne Lidl coûte environ 14,50 euros : le tarif y est de 0,29 €/kWh en courant alternatif, contre 0,39 €/kWh sur les bornes rapides en courant continu, hors promotion.

Il y a une nuance importante : le tarif de 0,29 €/kWh appliqué partout, y compris sur les bornes rapides, n’était qu’une promotion temporaire (jusqu’au 17 avril 2026). En temps normal, Lidl facture 0,29 €/kWh en courant alternatif (AC) et 0,39 €/kWh sur ses bornes rapides en courant continu (DC). Cela rappelle que le « véritable » plein payant reste tout à fait légal.

Le raisonnement qui circule est le suivant : pas de barrière, donc pas d’interdiction. Pourtant, cela est erroné. L’article 311-2 du Code pénal assimile au vol la soustraction frauduleuse d’énergie. Le courant qui sort de la prise appartient au propriétaire des lieux, et détourner un équipement clairement désigné pour les « vélos » est précisément ce que vise le terme « frauduleuse ».

Sur le papier, la peine est sévère : jusqu’à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Le vol d’électricité est reconnu par la justice depuis 1912, l’idée n’est donc pas nouvelle.

En conclusion, cette utilisation est lente, peu rentable par rapport au temps investi et juridiquement risquée. Les articles qui présentent cela comme une bonne affaire négligent souvent de préciser que « gratuit » et « autorisé » ne sont pas synonymes. Dans ce contexte, il serait peut-être plus judicieux de débourser ses 15 euros pour conserver sa tranquillité.