Droits de douane : le Parlement européen approuve l’accord avec Donald Trump
Mardi, le Parlement européen a approuvé définitivement l’accord commercial conclu l’an dernier entre l’Union européenne et Donald Trump, avec 440 voix pour, 151 contre, et 50 abstentions. Les 27 États membres doivent donner leur approbation formelle pour que la ratification soit achevée, respectant l’ultimatum fixé par Donald Trump jusqu’au 4 juillet.
Un signe de détente ? Mardi, le Parlement européen a validé définitivement l’accord commercial signé l’an dernier entre l’Union européenne et Donald Trump. Ce texte, adopté à une large majorité par les députés réunis à Strasbourg (440 voix pour, 151 contre, et 50 abstentions), supprime les droits de douane dans l’UE sur la plupart des produits industriels et agricoles venant des États-Unis.
Il s’agit d’un engagement pris l’été dernier par les Européens à Turnberry, en Écosse. En contrepartie, les taxes imposées l’année précédente par le président américain sur les importations provenant d’Europe sont plafonnées à 15 %.
Des tensions persistantes
Des garde-fous ont été négociés par les eurodéputés, qui jugeaient cet accord élaboré par Bruxelles trop déséquilibré. Les parlementaires ont surtout été préoccupés par les tensions répétées avec l’administration de Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir.
Menaces d’annexion du Groenland, critiques incessantes contre les normes numériques et environnementales européennes, sanctions contre l’ancien commissaire Thierry Breton, taxes punitives sur l’automobile et l’acier… Le président américain continue de brandir la menace des droits de douane pour imposer des concessions aux pays de l’UE.
Dès son arrivée au sommet du G7, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane sur le vin français si Paris ne supprimait pas une taxe de 3 % sur les revenus des entreprises technologiques, y compris des géants américains tels que Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, la société mère de Google.
Les eurodéputés divisés
Avec ces garde-fous, « nous avons mis en place un solide filet de sécurité pour protéger les entreprises et les citoyens européens », a commenté l’eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D), principal architecte de ce compromis. « Nous avons la garantie que si les États-Unis ne respectent pas l’accord, nous pourrons répliquer », a-t-il ajouté.
Le PPE (droite), le plus grand groupe au Parlement européen, a voté en faveur de l’accord, au nom de la préservation des échanges commerciaux de grande envergure entre l’UE et les États-Unis. « C’est un choix stratégique qui va renforcer notre partenariat transatlantique, protéger les emplois et renforcer nos industries », s’est réjouie l’élue croate Zeljana Zovko, chef de file du PPE sur le Commerce.
« Je suis fière que nous ayons tenu tête aux manœuvres coercitives de Trump », a déclaré Karin Karlsbro (Renew, centre), estimant que ce vote constituait « une base de stabilité, face au chaos que Trump continue de semer ». Cependant, les garanties obtenues n’ont pas apaisé toutes les oppositions, notamment à gauche. « C’est une véritable humiliation pour l’Union européenne. Une fois de plus, on se plie devant les États-Unis », a dénoncé Emma Fourreau (La Gauche).
L’extrême droite, pour sa part, était divisée, le groupe ECR (Conservateurs et réformistes) ayant exprimé son soutien au texte, tandis que les Patriotes pour l’Europe ont dénoncé une « capitulation ».
Les 27 États membres, dont l’approbation est également nécessaire, ont provisoirement validé dès fin mai le compromis trouvé avec le Parlement. Suite à ce feu vert définitif des députés, ils n’ont plus qu’à donner leur approbation formelle pour que la ratification soit complète. Cela permettra de respecter l’ultimatum fixé par Donald Trump, qui avait donné aux Européens jusqu’au 4 juillet, date des célébrations des 250 ans des États-Unis, pour honorer leurs engagements.
