
Cuisant revers (5-1) au premier match du groupe F contre la Suède.
La sélection tunisienne a perdu 5-1 contre la Suède, rappelant le même score subi lors du Mondial russe face à la Belgique. Selon le texte, l’ambiance au sein de l’équipe nationale est tendue, avec des rapports conflictuels entre les joueurs.

De Houcine Jenayeh, véritable dirigeant de la FTF, à Zyed Jaziri, sans oublier Lamouchi et ses joueurs, ainsi que les clubs et les coulisses de notre football, les événements récents vont bien au-delà d’une défaite inquiétante.
La Presse — Toute correction en Coupe du monde s’accompagne d’une immense déception. Un sentiment de « déshonneur » et de honte émerge, car le monde entier a les yeux rivés sur la compétition. Ce score de 5-1 contre la Suède fait penser au même résultat au Mondial russe contre la Belgique sous la direction de Nabil Maâloul.
Ce phénomène n’est pas nouveau ; l’idée que les joueurs tunisiens « adorent » rater leur entrée en Mondial n’est pas une surprise. En dehors de Qatar 2022 et, bien sûr, du Mexique en 1978, l’équipe tunisienne a souvent échoué lors de son premier match pour diverses raisons. Cette fois, les critiques se tournent vers Chamekh, Skhiri et Gharbi et, incontestablement, vers Sabri Lamouchi, qui portent une part significative de responsabilité dans ce fiasco.
Cependant, il est important de faire preuve d’honnêteté, de sobriété et d’éviter les émotions superflues afin de comprendre cette situation. Notre football a été dépouillé face à la Suède, une équipe qui n’est pas particulièrement redoutable, ne comptant que deux attaquants de haut niveau, Izak et Gyokers.
L’absence de personnalité et la distraction défensive que nous avons observée lors du match amical contre la Belgique sont à l’image de notre sélectionneur, de nos joueurs et de ceux qui dirigent le football et l’équipe nationale. L’ambiance au sein du groupe n’est pas saine, comme nous l’avons déjà signalé, et ce n’est pas la propagande véhiculée sur la page officielle de l’équipe nationale qui viendra infirmer cela.
L’atmosphère est tendue, les relations entre les joueurs ne sont pas amicales, avec des clans qui se forment et se dissolvent. Lorsque l’on voit Hannibal Mejbri crier après son capitaine Skhiri en première mi-temps pour une mauvaise passe, tout devient clair. Ce Hannibal Mejbri, toujours nerveux et agissant comme un enfant sur le terrain, symbolise un joueur surdimensionné, donnant l’impression d’être le seul à jouer sans calcul.
Il s’autorise tout, s’excite facilement, entre dans des escarmouches avec l’arbitre et l’adversaire, et comme lors de la CAN, il cherche à jouer les héros, simplement parce qu’il n’y a pas de règles au sein de l’équipe nationale. Les joueurs passent, mais les fléaux du clientélisme et du « donnant-donnant » persistent.
Nous n’avons pas de grands joueurs
En examinant les cinq buts encaissés, il est évident que l’attention des défenseurs était ailleurs. À commencer par Chamekh, qui est trop lourd et accablé par les cinq buts reçus face à la Belgique, manquant encore de l’expérience nécessaire pour défendre les cages d’une sélection (il lui reste beaucoup de travail à faire), puis un Talbi quelconque, perdu dans ses duels (deuxième et premier but), un Rekik jamais déterminant en défense et un Ben Hmida moyen et sans impact.
Abdi et Valéry, dans ce dispositif 5-4-1, n’ont pas été à l’aise non plus. Avec le casting aléatoire de Lamouchi, qui a changé de plan et testé de nouvelles idées, comme Ben Slimane en ailier droit ou Sâad en attaquant, nous n’avons pas pu avancer ni espérer de résultats positifs. Honnêtement, nous n’avons pas de grands joueurs, et notre entraîneur national a manqué le coche malgré sa détermination à écarter des joueurs au bout du rouleau, mais la situation est encore plus complexe.
Qui a décidé de retenir un Khdhira, qui avait snobé la sélection par le passé et dont la présence perturbe l’ambiance dans les vestiaires ? Qui a permis à des joueurs internationaux de discuter avec un club tunisien par l’intermédiaire d’un membre du staff ? Qui a mis en place un régime de quota dans la liste des 26 pour que les clubs touchent les primes de la FIFA ? Qui a désigné Zyed Jaziri et Khelil Chemmam, deux anciens joueurs, sans compétences avérées pour diriger une équipe nationale et sélectionner les meilleurs éléments ?
Et qui, depuis des années, assiste à la déchéance des clubs, du championnat, des sélections de jeunes, et aux manipulations dans le championnat et l’arbitrage sans réagir ? À présent, l’équipe nationale représente la vitrine du football tunisien, et ce n’est pas parce que l’ossature de l’équipe est composée de binationaux et d’expatriés que nous bénéficions d’un environnement professionnel et sain. Au contraire. À l’heure actuelle, la sélection et la FTF fonctionnent selon les mêmes méthodes douteuses que par le passé.
Nous en sommes arrivés à ce constat pénible, car une personne comme Houcine Jenayeh est, hélas, celui qui fait la pluie et le beau temps. Sa présence en tant que décideur influent et clé d’un système pernicieux hérité, derrière un président de la FTF docile et simple vitrine (avec tout le respect pour Moez Nasri), en dit long. Houcine Jenayeh, un individu parachuté à l’Etoile et maintenant à la FTF, qui a annoncé son départ après le Mondial 2022 et la crise aiguë de la FTF, a eu l’audace de revenir par la porte de service pour reprendre les rênes de Wadi El Jarry, devenant ainsi le maître des lieux. Personne ne lui tient tête, avec des membres fédéraux relégués à un rôle d’exécutants et même de complices.
Le résultat, nous l’avons constaté. Le dégoût est palpable. Une faillite totale et collective qui nécessite de faire face à la réalité avec courage : notre football va mal, très mal. Notre équipe nationale est malade depuis des années. Depuis que les agents de joueurs, manœuvrant dans l’ombre, ont pris le pouvoir.
Et depuis que n’importe qui est rappelé simplement parce qu’il joue à l’étranger, sans que l’on soit sûr de sa contribution et de sa motivation. Les gens regrettent Sami Trabelsi et Jalel Kadri, mais ils oublient qu’ils les ont critiqués. Eux aussi n’étaient pas maîtres de leurs choix, c’est toujours un système complexe et verrouillé qui prédomine. Sabri Lamouchi n’est qu’un détail, tout comme les joueurs. Le problème est endémique depuis très longtemps.
Nous ne faisons qu’administrer des soins palliatifs, rien de plus. En mentant et en prétendant que nous avons de grands joueurs et un football prestigieux, tout en continuant de vivre des récits embellis du passé. L’équipe nationale a besoin d’un traitement de choc, tout comme le football tunisien, quels que soient les résultats des deux prochains matches en Coupe du monde !
