France

Bac 2026 : L’orthographe sanctionnée en philo ? « On n’a pas été informés »

Il est 11h30 devant le lycée Balzac, dont les grilles donnent sur la porte de Clichy, dans le 17e arrondissement de Paris. Dans une note de service du 26 mars 2026, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a demandé aux correcteurs du baccalauréat de prendre en compte la qualité rédactionnelle dans la notation de toutes les épreuves.


Il est 11h30 devant le lycée Balzac, dont les grilles donnent sur la porte de Clichy, dans le 17e arrondissement de Paris. Après quatre heures d’épreuve de philosophie, les élèves de terminale sortent lentement sur le trottoir. Certains soufflent, soulagés, tandis que d’autres s’éclipsent rapidement, téléphone en main, à la recherche d’une correction. Ce matin, pour la première fois, l’orthographe a été intégrée au barème de toutes les matières, et pas seulement en français.

Dans une note de service datée du 26 mars 2026, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a demandé aux correcteurs du baccalauréat d’évaluer la qualité rédactionnelle lors des notations de toutes les épreuves.

Cependant, à la sortie de leur épreuve, les élèves semblent partagés sur cette question. Pour certains, l’orthographe n’était pas une priorité. « Ça n’a pas changé grand-chose », déclare en riant Nazaro. D’autres, comme Sarah, ont pris la réforme en compte : « Je me suis relue alors que d’habitude, je ne me relis jamais. » Pour quelques élèves, la maîtrise de la langue a même suscité de l’angoisse. « J’étais plus stressée de faire des fautes d’orthographe que d’habitude », confie une lycéenne.

À la question « vos profs vous ont-ils prévenus ? », les réponses sont quasi unanimes. « On n’a pas été informés de cette réforme. Ils ne l’ont même pas mentionnée, on l’a vu sur les réseaux sociaux », indiquent plusieurs candidats. Noémie, 18 ans, confirme : « Ils n’en ont pas du tout parlé. C’est une amie qui me l’a dit juste avant l’épreuve. » Seule exception, Yvan, dont « le prof de spécialité [l’]a prévenu ». Ces élèves ont été laissés dans l’incertitude par une réforme entrée en vigueur seulement deux mois avant les épreuves, d’autant plus que les modalités de cette nouvelle notation leur sont inconnues.

Certains élèves ne laissent rien au hasard : relire sa copie devient une compétence à développer. Elliot explique sa méthode : « J’écris une grande partie, je me relis, et je passe à la suite. » Une élève conseille de « faire attention aux fautes qu’on fait souvent », tandis qu’une autre préfère s’en remettre à son instinct : « J’essaie de voir si c’est fluide quand je lis dans ma tête. »

Malgré les perturbations causées par l’orthographe, la majorité des terminales se montrent confiantes. Estimant que les sujets de philosophie étaient faciles, ils semblent prêts pour les épreuves de spécialités.