France

En images : La Dormition, Angkor, Palmyre… Monuments historiques attaqués en guerre

Les pompiers ukrainiens travaillent sur le toit de la cathédrale de la Dormition, endommagée à la suite d’une frappe russe, à Kiev, le 15 juin 2026. La cathédrale de la Dormition, joyau orthodoxe fondé au XIe siècle et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, a été touchée par une attaque russe dans la nuit du 14 au 15 juin.


Ce lundi, une série de frappes russes sur plusieurs villes d’Ukraine a causé la mort de onze personnes. Parallèlement, un incendie a détruit la cathédrale de la Dormition, un des édifices religieux datant du XIe siècle du célèbre complexe orthodoxe de la Laure des Grottes de Kiev, classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce site culturel a été visé, comme tant d’autres, au cours des conflits des XXe et XXIe siècles.

Ces attaques peuvent être motivées par une idéologie cherchant à effacer ce que ces monuments représentent sur le plan religieux ou culturel, à l’instar des bouddhas de Bamiyan détruits en 2001 en Afghanistan. Elles peuvent également viser à anéantir l’identité d’un peuple ennemi en détruisant ses symboles, comme ce fut le cas lors du bombardement de la bibliothèque de Sarajevo durant la guerre de l’ex-Yougoslavie.

Voici en images quelques-uns des monuments et sites culturels majeurs qui ont été ciblés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans la nuit du 14 au 15 juin, la cathédrale de la Dormition, fondée au XIe siècle et classée au patrimoine mondial de l’Unesco, a été touchée par une attaque russe. Un drone a percuté l’édifice, provoquant un incendie ayant dévasté la structure de son toit et endommagé l’un de ses dômes. Le président Volodymyr Zelensky a qualifié cet acte de « l’un des crimes les plus graves de la Russie contre la culture chrétienne à ce jour ».

Durant la guerre du Vietnam, des dizaines de temples hindous du royaume de Champa (IVe – XIIIe siècle) du sanctuaire My Son, au Vietnam, ont été rasés par des bombardements américains entre 1966 et 1975. Le site servait de base aux Viet Cong, et il ne reste que 17 structures sur les 70 d’origine.

Le temple de Bayon et l’ancienne cité d’Angkor (Cambodge), cœur historique de la civilisation khmère, ont été la cible des Khmers rouges entre 1975 et 1979. Ces derniers ont décapité des centaines de statues bouddhistes, détruit des bas-reliefs dans les temples d’Angkor Wat, et brûlé les archives de la bibliothèque.

La vieille ville de Dubrovnik, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, a subi des bombardements par des forces serbo-monténégrines durant la guerre de l’ex-Yougoslavie, notamment le 6 décembre 1991.

La bibliothèque de Sarajevo a été détruite par des bombardements serbes durant le siège de la capitale de la Bosnie-Herzégovine, la nuit du 25 au 26 août 1992, entraînant la perte de 1,5 à 2 millions de documents, dont 150 000 livres rares et manuscrits précieux.

Le vieux pont de Mostar en Bosnie-Herzégovine, symbole de la cohabitation entre chrétiens et musulmans, a été détruit le 9 novembre 1993 par les forces croates durant la guerre de Bosnie. Il a été reconstruit et réouvert le 23 juillet 2004.

En 2012, à Tombouctou, au Mali, 14 des 16 mausolées de saints soufis classés au patrimoine mondial ont été détruits par le groupe islamiste Ansar Dine. Ce fut le premier cas dans l’histoire de la Cour pénale internationale où un membre a été condamné pour crime de guerre.

Des sanctuaires soufis en Libye, à Tripoli et Zliten, ont été détruits en août 2012 durant la crise libyenne, avec des milices utilisant des pelleteuses pour raser des complexes historiques.

La vieille ville d’Alep, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, a été dévastée par les bombardements entre 2012 et 2016, avec des destructions notables de sa citadelle médiévale.

Le groupe État islamique a pris le contrôle de Palmyre en mai 2015 et a détruit de nombreux monuments, dont le temple de Baalshamin.

Enfin, le 19 octobre 2023, une frappe israélienne a touché l’église historique grecque-orthodoxe Saint-Porphyre à Gaza, tuant au moins 18 civils, alors que ce lieu servait de refuge. Ce temple est considéré comme l’une des plus anciennes églises actives de la région, datant du Ve siècle.