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VivaTech : « Ce salon ne doit pas être sous-estimé » selon la patronne de la French Tech

Le salon VivaTech se tiendra à Paris Expo Porte de Versailles du 17 au 20 juin et accueille une centaine de délégations. La promotion 2026 du classement Next40/120 a 24 nouveaux entrants et 24 sortants, dont AMI Labs, qui a levé près d’un milliard d’euros.

Démarrage de la 10e édition du salon VivaTech ! Cet événement incontournable dédié à l’innovation attire des milliers de start-up. Il se déroule cette année du 17 au 20 juin* et représente pour la French Tech un levier inégalé. L’objectif est de promouvoir les entreprises nationales qui innovent. Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, aborde les enjeux de l’écosystème français des start-up, soutenu par l’État depuis 2013 pour favoriser leur développement et leur rayonnement.

Quel est le rôle du salon VivaTech pour la French Tech ?

C’est un salon primordial, une vitrine exceptionnelle pour la France, qui fait briller le pays tout au long de l’année. Sur notre stand, où nous mettons en avant diverses start-up, nous accueillerons une centaine de délégations ayant des besoins spécifiques que nous aiderons à cibler. Cela constitue donc une véritable machine de guerre pour nous. Nous y ferons plusieurs annonces, y compris celle de la promotion 2026 de notre classement Next40/120.

En quoi consiste ce classement ?

Créé il y a sept ans, ce classement met en avant les 120 start-up françaises qui ont le potentiel de devenir de véritables leaders. Jusqu’à l’année dernière, les entreprises étaient choisies sur la base de leur avancée économique. D’un côté, nous avions les 120 entreprises les plus performantes formant le French Tech 120 et, de l’autre, le Next 40, qui regroupait parmi ces 120, les 20 entreprises les plus significatives pour leurs levées de fonds et celles les plus importantes en termes de chiffres d’affaires.

Ce classement évolue avec de nouveaux critères d’entrée pour les 120, tels que le nombre de brevets déposés ou le nombre de sites industriels. Parallèlement, le Next 40 est désormais sélectionné par un jury qui choisit des entreprises ne figurant pas forcément parmi les plus grandes des 120, mais qui ont le potentiel de devenir des géants tout en créant de la valeur pour la France. Cela se fait soit en aidant d’autres entreprises à accroître leur compétitivité, soit par leurs solutions au service de l’intérêt général, abordant des enjeux sociétaux majeurs, notamment en matière de santé.

Quelles sont les raisons de ces changements ?

Une nouvelle génération de start-up de taille significative émerge. Ce sont les deep tech, à l’origine d’innovations de rupture dans des secteurs clés tels que l’intelligence artificielle, la robotique, le quantique, et la cybersécurité. Ces briques technologiques sont nécessaires pour créer des applications dans divers domaines comme la santé, la défense ou l’éducation. Il était donc important de les distinguer. Nous souhaitons orienter l’innovation vers des applications d’utilité publique, bénéfiques pour le citoyen. En tant qu’État, nous devons également jouer ce rôle !

Quoi retenir de la promotion 2026 ?

Il y a 24 nouveaux entrants et 24 sortants. Dans le secteur de l’IA, particulièrement prisé, AMI Labs fait son entrée grâce à une levée de fonds record de près d’un milliard d’euros. H-Compagny, qui développe des ordinateurs autonomes, est également notable. On note aussi la présence continue de Mistral dans le Next 40, ainsi que Gradium, qui travaille dans le domaine de l’IA vocale. Parmi les nouvelles entreprises orientées vers le bien commun, Hublo se distingue avec un outil de gestion des ressources humaines pour les hôpitaux. Aura Aero, qui développe des avions électriques, entre dans la liste. Du côté de l’informatique quantique, Qobly rejoint le Next 40 grâce à son développement et à sa levée de fonds récente de 115 millions d’euros.

Quelle est la situation actuelle de la French Tech ?

On compte 18.000 start-up françaises sur tout le territoire, tous secteurs confondus, avec environ 450.000 emplois directs créés (1,4 million en incluant les emplois indirects). Cela correspond au nombre d’emplois dans le secteur de l’automobile. Les entreprises du Next 40/120 représentent ainsi 10 % des emplois créés par les start-up en France, constituant donc de véritables locomotives !

Le coq français, emblème de la «Frech Tech».
Le coq français, emblème de la «Frech Tech». - French Tech

Vous mentionnez des entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse pour certaines 100 millions d’euros. Peut-on encore parler de start-up ?

Qu’est-ce qu’une start-up en réalité ? C’est une entreprise ayant le potentiel de devenir rapidement un leader au niveau international. À quel moment peut-on dire que l’on n’est plus une start-up ? Est-ce lorsque l’on entre en Bourse ? Lorsqu’on revend, ou qu’on est leader sur plusieurs marchés ? En fait, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut avoir une croissance suffisante, que l’on cesse les processus de croissance et qu’on ait moins besoin d’investissement. Ce processus aux États-Unis est très rapide, avec des entreprises qui atteignent le Nasdaq en seulement 2 ou 3 ans. En revanche, en France, cette trajectoire prend beaucoup plus de temps : entre 10 à 15 ans pour parvenir à une taille comparable.

Quels sont les problèmes rencontrés par la French Tech ?

Pour moi, le principal obstacle est l’internationalisation. Pour créer des champions suffisamment grands pour rivaliser avec des leaders américains, qui eux accèdent directement à un marché beaucoup plus vaste, il est essentiel que les start-up françaises se tournent vers les marchés internationaux beaucoup plus rapidement. Cette année, nous constatons que seulement 38 % du chiffre d’affaires de la promotion provient de l’étranger. Il est donc crucial de renforcer cette dimension internationale.

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Les échéances électorales de 2027 pourraient-elles modifier la donne pour la French Tech ?

Je m’interroge à ce sujet depuis ma prise de fonction il y a dix-huit mois. 2027, c’est demain. Il est nécessaire de transformer notre communication pour illustrer que la French Tech représente une structure économique essentielle pour nos emplois et qu’elle répond aux défis futurs. Nous n’avons jamais eu autant besoin de solutions souveraines. La French Tech est un enjeu nécessitant un soutien politique. Les futurs leaders de notre pays doivent s’en emparer et concentrer leurs efforts là-dessus : c’est stratégique pour l’économie nationale, pour le bien commun et pour les citoyens !

* à Paris Expo Porte de Versailles, de 8h30 à 18h00 le 17 juin et de 9h00 à 18h00 les 18, 19 et 20 juin.