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Test du OneOdio Studio Max 2 : casque sans fil aussi rapide que filaire

OneOdio a été fondée en 2013 et s’est spécialisée dans les casques semi-professionnels pour DJ amateurs et créateurs de contenu. Le casque OneOdio Studio Max 2, lancé à 189,99 euros, affiche une latence de 9 ms grâce à son transmetteur M2 en 2,4 GHz, offrant une expérience audio plus réactive que son prédécesseur, le Studio Max 1, qui avait une latence de 20 ms.

Depuis plusieurs années, OneOdio s’impose dans le secteur audio. Fondée en 2013, la marque s’est spécialisée dans les produits semi-professionnels destinés aux DJ amateurs et aux créateurs de contenu, en proposant des tarifs inférieurs à ceux des marques établies, comme Audio-Technica ou Sennheiser. Avec le Studio Max 2, OneOdio cherche à innover davantage en rendant la basse latence sans fil accessible, à un moment où de plus en plus de DJ et de producteurs demandent la liberté offerte par les casques sans fil sans compromettre la qualité sonore des connexions filaires.

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Le principal argument repose sur une puce propriétaire associée à un petit transmetteur USB 2,4 GHz. Ce dongle, branché sur l’interface audio ou le PC, établit une connexion distincte du Bluetooth traditionnel et réduit la latence à 9 ms, contre 20 ms pour le premier modèle du Studio Max, sorti deux ans plus tôt. Il est à noter que la perception d’un décalage audio se situe généralement entre 20 et 30 ms pour la majorité des auditeurs.

Abaisser la latence à 9 ms se rapproche de la zone du quasi-imperceptible, ce qui modifie radicalement la valeur ajoutée d’un casque sans fil. La collaboration avec KSHMR, producteur américain d’origine indienne devenu une icône de la scène électro mondiale, apporte une crédibilité créative à l’ensemble. Toutefois, comme nous le verrons, l’influence du DJ sur la signature sonore soulève certaines interrogations.

OneOdio Studio Max 2Caractéristiques techniques

OneOdio Studio Max 2Un déballage qui mise sur l’effet

Avant de discuter du design du casque, de l’application, de la qualité sonore et de l’autonomie, il est essentiel d’évoquer la housse de transport. En effet, le déballage donne le ton. L’emballage se compose de deux boîtes, un fourreau extérieur retiré pour révéler le coffret principal. Son aspect clinquant serait convaincant s’il ne donnait pas l’impression, après quelques secondes, de vouloir trop impressionner.

OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

À l’intérieur, en revanche, le contenu ne semble pas limité. En plus du casque plié dans sa housse rigide en polymère thermoplastique moulé, on trouve le transmetteur M2, un câble de recharge USB-C, un câble jack 3,5 mm droit avec son adaptateur vissable de 6,35 mm, ainsi qu’un câble spiralé de trois mètres, indispensable pour se connecter à une table de mixage.

OneOdio a même prévu une prise jack de chaque côté des oreillettes, permettant de brancher plusieurs casques simultanément, ce qui est pratique lors d’un apprentissage du DJing. L’ensemble est conçu pour un usage véritablement professionnel.

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Accessoires livrés avec le OneOdio Studio Max 2 // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Seul bémol : la housse rigide est clairement surdimensionnée. Elle prend autant de place qu’un dictionnaire dans un sac à dos, rendant son transport peu pratique pour un usage mobile. Pour un casque qui aspire à accompagner son utilisateur lors de ses déplacements, c’est un choix discutable.

OneOdio Studio Max 2Design : studio assumé, finition perfectible

Le Studio Max 2 affiche fièrement un style de casque de DJ. Grand, noir, il dispose d’oreillettes circum-aurales fermées pivotant à 180° d’un geste du poignet, permettant le fameux monitoring à une oreille prisé par les DJ. Il respecte tous les codes visuels du genre avec une cohérence indéniable. Une fois sur la tête, son envergure ne passe pas inaperçue, le casque n’est pas discret et ne cherche pas à l’être.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

En revanche, quelques détails de fabrication laissent à désirer. La construction est entièrement en plastique mat, avec des lignes de moulage visibles sur les coques et l’arceau. Ce niveau de finition est acceptable pour un casque à 80 euros, mais difficile à justifier pour un produit approchant les 190 euros.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Bien que l’arceau contienne une armature métallique pour garantir sa durabilité, la mousse de protection est trop fine pour de longues sessions — ce point sera développé plus loin.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Les coussinets sont la meilleure partie du châssis. Fabriqués en similicuir à mémoire de forme, ils enveloppent l’oreille avec une réelle douceur.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Le design extérieur des oreillettes fait aussi écho aux disques vinyles avec un sillon circulaire plutôt esthétique.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Le pavillon droit regroupe tous les boutons de contrôle : le bouton texturé pour l’allumer, et ceux des deux côtés pour gérer le volume ; un bouton pour passer du mode Bluetooth au mode ULL (Ultra Low Latency) et la prise USB-C pour recharger la batterie du casque.

L’ergonomie est bien pensée, notamment grâce à la texture du bouton d’allumage, facilement identifiable à la manière.

Confort : prometteur, mais manque d’endurance

Les coussinets en mémoire de forme offrent un port assez agréable. L’oreille est bien entourée, la pression latérale est maîtrisée, et il est évident que OneOdio a fourni des efforts sur ce point. Cependant, après plus d’une heure de port, le confort se altère. Avec environ 350 grammes sur la balance, ce casque n’est pas léger, et la mousse de l’arceau, trop fine et peu compressible, tend à créer un léger point de pression au sommet du crâne qui devient difficile à ignorer lors de sessions prolongées.

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Le coussin d’arceau du casque OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Pour un casque pensé pour les professionnels du son ou les DJ qui jouent longtemps, c’est un point à améliorer pour la prochaine génération. Cependant, un DJ a souvent à retirer son casque ou à le repositionner sur l’une de ses oreilles pour mieux capter l’ambiance et son mix en live.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

L’isolation passive est relativement efficace pour un casque circum-aural fermé. Toutefois, ceux qui sont très exigeants pourraient espérer que ce type de casque bloque efficacement le bruit ambiant d’un environnement, d’un retour sonore ou d’un public. Malheureusement, le Studio Max 2 laisse passer de nombreux bruits environnants — cliquetis de clavier, conversations voisines. Il semblerait que OneOdio ait privilégié le confort immédiat au détriment d’une véritable isolation acoustique, pourtant attendue à ce niveau de prix. À noter que le casque ne dispose pas d’une fonction de réduction de bruit active.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

OneOdio Studio Max 2Application et connectivité : riches, mais avec des angles morts

En ce qui concerne la connectivité, le Studio Max 2 est l’un des casques les plus polyvalents que j’ai eu l’occasion de tester ces derniers mois. Bluetooth 6.0 avec les codecs SBC, AAC et LDAC jusqu’à 990 kbps, mode basse latence via le dongle M2 en 2,4 GHz, ou simplement en mode filaire via les prises 3,5 mm et 6,35 mm présentent sur chaque oreillette : toutes les options sont réunies pour s’adapter à tout environnement de travail. On peut passer d’un mode à l’autre via un petit sélecteur physique sur l’oreillette droite, dont le clic aurait pu être un peu plus ferme, mais qui demeure fonctionnel.

L’application OneOdio, disponible sur Android et iOS, offre des fonctionnalités plus complètes que ce que l’on pourrait attendre à ce niveau de prix. On y trouve un égaliseur à dix bandes, trois présélections (Musique, Bass Boost, Monitoring), un réglage de la balance stéréo, un limiteur de volume, et même une fonction « Retrouver mon casque ». Elle propose également un rappel d’utilisation prolongée (pour envoyer une notification après une utilisation prolongée) et un mode d’arrêt automatique. Le choix du mode LDAC impose de choisir entre la connexion multipoint Bluetooth et la haute résolution.

La connexion est instantanée, tout comme le démarrage de la lecture via Bluetooth. À noter que les annonces vocales ne sont disponibles qu’en chinois ou en anglais.

OneOdio Studio Max 2La latence : la vraie innovation du produit

Le Studio Max 2 dévoile ici son atout majeur, et il faut reconnaître que celui-ci est tangible. Le transmetteur M2 utilise la bande des 2,4 GHz pour établir une connexion sans passer par le protocole Bluetooth classique et affiche une latence de 9 ms, vérifiée sur plusieurs configurations : en retour de monitoring sur une interface audio, en lecture sur DAW et en jeu vidéo. Dans toutes ces situations, le décalage est inaudible.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

En comparaison, le Bluetooth classique introduit encore plusieurs dizaines de millisecondes de retard, quelle que soit la qualité des équipements. Pour un DJ en plein set ou un producteur surveillant sa voix en temps réel, cette différence est cruciale car elle modifie profondément la façon de travailler. Face au Studio Max 1 et ses 20 ms, l’écart est notable, d’autant que le débit passe de 160 à 400 kbps, améliorant la fidélité sonore en mode basse latence.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Il convient cela dit de mentionner que j’ai rencontré quelques micro-coupures lors de sessions prolongées. Celles-ci se produisent surtout lorsque je m’éloigne de plus de six à sept mètres de la source ou en cas de trafic Wi-Fi dense : dans un appartement urbain saturé de réseaux, ce phénomène est plus courant qu’en pleine campagne. Rien de rédhibitoire, mais cela nuance légèrement l’expérience.

OneOdio Studio Max 2Le son : une signature qui peut diviser

Alors que la faible latence est un argument solide pour ce casque, la qualité sonore est plus contestable et ceci pour de bonnes raisons : le Studio Max 2 n’émet pas le même son que la majorité des casques de sa gamme. Le choix de KSHMR s’oriente vers une signature en V accentuée dans les aigus, adaptée à la musique électronique énergique.

Dans ce registre, le rendu est réellement agréable, les synthétiseurs se détachent avec une clarté presque chirurgicale, les charlestons frappent avec une précision que les casques grand public ont tendance à lisser, et la superposition des fréquences dans l’EDM bénéficie d’une lisibilité surprenante.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Toutefois, dès que l’on sort de la zone recommandée par le producteur, des faiblesses apparaissent. Sur un morceau de Massive Attack, par exemple, la voix devient effacée derrière une couche de bas-médiums confuse, se perdant dans un espace stéréo mal défini. Sur des morceaux de jazz acoustique, le piano perd sa rondeur naturelle et la contrebasse semble moins présente. Sur certains titres de métal symphonique, j’ai eu l’impression que les cymbales recouvraient complètement le reste du mix, transformant une production soignée en un mur aigü difficilement supportable. L’égaliseur de l’application permet de remédier partiellement à ces excès, mais un casque à ce prix ne devrait pas nécessiter d’ajustements pour être agréable.

En mode filaire, le Studio Max 2 sonne bien mieux. Les basses obtiennent davantage de définition, les médiums se stabilisent, et l’ensemble présente une cohérence acceptable pour un monitoring approximatif. C’est dans ce mode que les larges transducteurs de 45 mm montrent leur plein potentiel — dommage pour un casque principalement vendu pour son usage sans fil. À noter enfin un volume minimum anormalement élevé, même au réglage le plus bas, ce qui pourrait être intentionnel, compte tenu de l’environnement dans lequel il est destiné : clubs et événements. J’ai également apprécié l’isolation passive apportée par les coussinets.

La courbe de fréquences : ce que disent les mesures

La courbe de réponse en fréquences que j’ai mesurée est parlante et confirme ce que l’on ressent dès les premières secondes d’écoute. La réponse se situe dans une plage de variation relativement restreinte, d’environ plus ou moins 5 dB sur l’ensemble du spectre entre 80 Hz et 10 kHz, ce qui pourrait laisser penser à une restitution équilibrée. Cependant, c’est dans les détails de cette courbe que se révèle la philosophie sonore du casque.

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Courbe de réponse en fréquence du casque OneOdio Studio Max 2 // Source : Sylvain Pichot – Frandroid

Le sub-bass, en dessous de 60 Hz, manque de puissance : les basses profondes manquent de fondation, rendant la sensation physique des morceaux à gros beats peu convaincante. La bosse entre 80 et 100 Hz est bien présente et contribue à donner une impression de son « puissant » pour certains genres, mais elle manque de définition. Le médium, entre 300 Hz et 1 kHz, présente un léger creux, reculant ainsi les voix et les instruments acoustiques dans la scène stéréo.

La montée dans les hauts-médiums et dans la zone de présence au-delà de 5 kHz est prononcée : c’est cette caractéristique qui confère au casque son caractère vif, parfois agressif, propre à la signature KSHMR. On y trouve beaucoup d’air, de détails dans les transitoires, mais cela entraîne une fatigue auditive qui s’installe plus rapidement que souhaité lors de longues sessions de mixage.

OneOdio Studio Max 2Les appels, le casque remplit son rôle

Malgré son étiquette « studio », le casque peut aussi servir de kit mains-libres. Il est équipé de deux microphones avec réduction de bruit ambiant (ENC), et l’expérience s’avère correcte sans être exceptionnelle. Dans un bureau calme, mes interlocuteurs ont pu m’entendre sans problème, sans effet « fond de tunnel » ou interruptions.

En revanche, à l’extérieur, la qualité se dégrade : bien que la voix reste compréhensible, le traitement laisse passer une partie du bruit de fond et altère les nuances, donnant à la voix un rendu légèrement compressé.

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OneOdio Studio Max 2 // Source : Chloé Pertuis – Frandroid

Ce n’est pas incompréhensible pour un casque qui ne se positionne pas comme un expert en la matière, mais cela reste en deçà de la clarté d’un casque grand public optimisé pour les appels. C’est un outil convenable pour passer un appel entre deux morceaux, sans être celui que l’on choisirait pour des visioconférences professionnelles en déplacement.

OneOdio Studio Max 2Autonomie : une durée impressionnante qui fait oublier le chargeur

OneOdio annonce une autonomie de 120 heures en Bluetooth et 50 heures avec la latence réduite. Des chiffres qui semblent presque irréels, mais correspondent à la réalité de l’usage : à plusieurs reprises pendant les tests, j’ai oublié de recharger le casque pendant plusieurs jours consécutifs sans que l’indicateur de batterie ne s’affole.

Dans les faits, on finit par ne plus y penser, ce qui est précisément l’objectif pour un outil de travail. Toutefois, il ne faut pas oublier de recharger non seulement le casque, mais également le transmetteur. Comptez environ 2h30 pour le casque et 2 heures pour le second. Enfin, il est à noter que la charge rapide permet de bénéficier de 9h d’écoute après seulement 5 minutes de recharge.

OneOdio Studio Max 2Date de sortie, prix et concurrence

Commercialisé à 189,99 euros, le Studio Max 2 se positionne dans une fourchette de prix délicate. En effet, il est plus cher que les références filaires du monitoring, comme l’Audio-Technica ATH-M50x et le RØDE NTH-100, deux casques à la signature bien plus neutre, à la construction de qualité supérieure et à la réputation d’outil de travail établie de longtemps — mais qui vous obligent à rester attaché à votre câble. En d’autres termes, nul ne propose exactement la même chose que OneOdio à ce tarif, ce qui pourrait lui permettre de se démarquer sur ce marché.