
Coupe du monde 2026 : La France est-elle plus désavantagée par la chaleur ?
Didier Deschamps, sélectionneur des Bleus, a eu un beau cadeau de Noël avant l’heure, le 5 décembre dernier, lors du tirage au sort du Mondial. L’équipe de France va jouer tous ses matchs en plein après-midi, dont deux à 15 heures, et va affronter son adversaire le plus redoutable de sa poule : la chaleur.

De notre envoyé spécial à Boston,
Didier Deschamps espérait décrocher le jackpot. Les sept bons numéros, les trois télévisions, les 100 patates. En étant placé dans le groupe I de la Coupe du monde, le sélectionneur des Bleus a reçu un beau cadeau de Noël anticipé, le 5 décembre dernier, lors du tirage au sort du Mondial : un groupe à l’est des États-Unis, avec un décalage horaire minimal, et peu de déplacements entre New York, Boston et Philadelphie, où se dérouleront les matchs… Une situation idéale.
Cependant, DD n’avait pas remarqué le petit astérisque en bas de la notice. Celui qui fait redescendre immédiatement de votre petit nuage. En jouant tous ses matchs en plein après-midi, dont deux à 15 heures, l’équipe de France pourrait faire face à son adversaire le plus redoutable dans ce groupe : la chaleur. À Boston, la chaleur est bien réelle. Plus de 30 °C en moyenne depuis l’arrivée des Bleus sur le continent américain, contrairement aux températures de quelques degrés à Lille lors du dernier match de préparation.
Des stades fermés et climatisés au Texas
Sur le papier, des villes telles que Houston ou Dallas, où jouent notamment les Pays-Bas, le Portugal et l’Angleterre, enregistrent des températures bien plus élevées, mais elles ont un atout majeur. « Elles vont jouer dans des stades fermés qui sont climatisés, donc elles ne subiront pas les effets de la chaleur », souligne Santi, un Américain basé au Texas, passionné de football et de statistiques, qui a élaboré de nombreuses données autour du Mondial.
En revanche, l’équipe de France jouera dans trois stades qui n’ont ni climatisation, ni toit. Sous un soleil écrasant, les joueurs risquent de souffrir. « De plus, quand vous comparez, vous constatez qu’à l’ouest, c’est une chaleur assez sèche, alors qu’à l’est, où joueront les Bleus, il s’agit d’une chaleur humide, cela peut être handicapant », reprend Santi, fondateur du compte SantiSignals sur X. En se basant sur l’indice WBGT, qui combine les températures, l’humidité et l’ensoleillement, la France se retrouve en zone rouge.
Ce handicap est d’autant plus préoccupant que les Bleus, contrairement à plusieurs autres sélections, ont choisi d’arriver en Amérique du Nord seulement six jours avant leur premier match du Mondial face au Sénégal. Cette approche n’est pas idéale pour s’acclimater rapidement à des conditions extrêmes tout en gérant le décalage horaire. « Personnellement, cela ne posera pas trop de problèmes », souligne Eric Bedouet, ancien préparateur physique des Bleus, qui a notamment travaillé lors de la Coupe du monde 2014 au Brésil. « Ce n’est pas compliqué, ce sont de jeunes joueurs, au sommet de leur forme, en très bonne santé. Arriver trop tôt peut également fatiguer avec la chaleur. »
Les Bleus sauvés par les faibles trajets
Il suffit d’observer le visage rouge de Declan Rice ces derniers jours pour comprendre que les Anglais, arrivés le 1er juin à leur camp de base à Miami, ont déjà mis leurs corps à l’épreuve. « Ce n’est pas problématique d’arriver quelques jours avant, cela permet d’enchaîner rapidement », reprend Bedouet. « Être sur place longtemps à l’avance n’est pas simple. Je crois que les joueurs ont la capacité de s’adapter à de nombreuses situations. On leur apprend cela depuis leur enfance. »
Santi, qui avait précédemment soutenu que la France était la sélection la plus affectée par ces conditions, a révisé son opinion en prenant en compte les problématiques liées aux températures ainsi que l’âge moyen de l’équipe et les distances entre les matchs. « Plus la moyenne d’âge est élevée, plus la chaleur et les voyages sont difficiles à gérer », souligne-t-il. Dans ce domaine, l’Uruguay est en grande difficulté.
« La chaleur est une réalité, mais ce sera le seul aspect à gérer pour l’équipe de France, indique notre analyste. Les joueurs sont jeunes, expérimentés, bien entraînés. Didier Deschamps a déjà affronté ce type de situation, je reste optimiste pour eux. »
Notre dossier sur la Coupe du monde 2026
Parmi les équipes favorites, l’Argentine est celle qui bénéficie des conditions les plus favorables, avec peu de longs trajets et l’avantage de jouer deux matchs dans un stade climatisé à Dallas. À l’inverse, l’Angleterre devra parcourir près de 3 000 km avec deux matchs dans la chaleur étouffante de New York et Boston en plein après-midi. Voir les Anglais souffrir ne serait-il pas, finalement, une source de satisfaction ?
