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Une étude dénonce les prix chaotiques de la recharge des voitures électriques.

À la fin mai 2026, il y avait 195 356 points de recharge opérationnels en France, selon l’Avere France. La CLCV a observé que les tarifs de recharge peuvent varier de 45 % dans le département du Nord, atteignant un écart de 190 % entre le tarif direct de 0,36 €/kWh et le tarif pratiqué par un opérateur de mobilité à 1,033 €/kWh.

Bien que les bornes de recharge se multiplient en France, une étude récente met en lumière l’opacité des tarifs : le coût de la recharge d’une voiture électrique peut varier considérablement en fonction du mode de paiement. Voici les conseils pour éviter les désagréments.
Smart #5 sur une borne 400 kW // Source : Vincent Sergère pour Frandroid

D’après l’Avere France, 195 356 points de recharge étaient en service sur le territoire national fin mai 2026 : recharger sa voiture électrique en France peut sembler facile.

Cependant, un point suscite des préoccupations : la tarification. Ce problème est bien connu des associations de consommateurs, l’UFC Que Choisir ayant déjà tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises sur l’opacité des tarifs appliqués.

À cela s’ajoute une étude de la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), qui confirme les inquiétudes : entre les tarifs de base souvent difficiles à trouver, les commissions des opérateurs et les frais annexes, la variation des prix de recharge interpelle.

Un mille-feuille d’intermédiaires

Avant d’examiner les résultats de l’enquête, il est utile de rappeler ce qui se passe lorsque vous branchez votre voiture électrique sur une borne publique.

Deux types d’acteurs sont à prendre en compte : les opérateurs de borne (CPO) comme Ionity, Electra ou TotalEnergies, qui gèrent le réseau de bornes, et les opérateurs de mobilité (MSP) tels que Chargemap ou Electroverse, qui facilitent l’accès aux bornes via une application ou un badge.

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Les différents acteurs derrière une recharge sur borne publique // Source : CLCV

Les opérateurs de borne (CPO) proposent généralement un tarif de base et intègrent de plus en plus de points de paiement direct (la réglementation AFIR impose d’ailleurs aux bornes de plus de 50 kW de proposer un accès direct, tel qu’un lecteur de carte bancaire).

Les opérateurs de mobilité (MSP) peuvent quant à eux établir leur propre tarification, en fonction des contrats conclus avec les CPO et des marges commerciales qui leur sont spécifiques. Des abonnements sont également disponibles des deux côtés (MSP et CPO) pour réduire le coût de la recharge, mais cela peut prêter à confusion.

Des tarifs extrêmement variables

Les tarifs de recharge peuvent inclure d’autres frais que la simple consommation de kWh : frais de connexion, de stationnement, d’occupation de la borne, facturés à la minute, etc.

Cette situation peut faire grimper les prix : la CLCV a noté que dans le département du Nord, les opérateurs de mobilité facturent en moyenne une recharge 45 % plus chère que le tarif d’accès direct. Dans le cas le plus extrême, l’association rapporte un écart de 190 % entre le tarif direct (0,36 €/kWh) et celui d’un opérateur de mobilité (1,033 €/kWh).

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Xpeng G6 2025 // Source : Jean-Baptiste Passieux – Frandroid

D’autre part, chaque opérateur de mobilité peut appliquer ses propres frais. La CLCV illustre cela avec une recharge à 22 kW d’un Peugeot E-5008 sur une borne à Neuilly-sur-Seine (92) : passer de 20 à 80 % de batterie coûte entre 24,21 euros et 40,57 euros selon l’opérateur de mobilité choisi (soit une augmentation de 67,58 %). Sur une borne de 100 kW, les tarifs varient entre 23,37 et 42,88 euros (+83,48 %).

Les tarifs au sein d’un même opérateur peuvent même varier selon la région. En analysant une borne de 22 kW (la majorité des bornes installées en courant alternatif), l’étude révèle des tarifs allant de 0,328 €/kWh à 1,162 €/kWh dans les Alpes-Maritimes, représentant un écart de 255 %, ainsi que de 0,270 €/kWh à 0,960 €/kWh dans les Hauts-de-Seine (+ 255 % ici aussi).

Une demande de clarté

Face à ces constatations, la CLCV appelle à une transparence accrue. Il est essentiel d’avoir des informations claires, lisibles et à jour sur les tarifs pratiqués pour l’ensemble des bornes. L’association plaide également pour un encadrement des écarts tarifaires et une simplification de la tarification, en privilégiant le prix au kWh.

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En attendant, plusieurs outils sont à disposition pour connaître les prix appliqués sur une borne. Le site Chargeprice répertorie les bornes et liste les tarifs des différents opérateurs et abonnements, tandis que les applications des opérateurs fournissent généralement les prix détaillés pour chaque borne, incluant parfois un simulateur de coûts pour chaque recharge.

Enfin, si vous êtes un client fréquent d’un réseau de recharge, celui-ci peut offrir des abonnements qui, en échange d’une mensualité fixe, promettent des tarifs de recharge plus avantageux – les abonnements pour les bornes rapides sont généralement rentabilisés après 2 à 3 recharges par mois.