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« Fashion boobs » : tendance ou obsession des réseaux sociaux ?

La citation « Une femme sans poitrine, c’est un lit sans oreillers » provient de La Rôtisserie de la reine Pédauque d’Anatole France. En 2023, un rapport de l’American Society of Plastic Surgeons (ASPS) indiquait une hausse de 7 % des demandes de réduction mammaire et de 9 % des retraits d’implants.


« Une femme sans poitrine, c’est un lit sans oreillers », est une citation d’Anatole France issue de *La Rôtisserie de la reine Pédauque*. Cette phrase illustre bien les standards de beauté qui célèbrent depuis longtemps les poitrines généreuses. Toutefois, les choses pourraient évoluer, du moins si l’on en croit les réseaux sociaux. Sur TikTok et Instagram, le terme « fashion boobs » (« les seins tendance ») connaît un engouement croissant, surtout en lien avec les petites poitrines.

Ce phénomène a été remarqué par les principales intéressées, qui se réjouissent de cette revanche qu’elles estiment bien méritée. Dans les vidéos utilisant le hashtag #fashionboobs, les utilisatrices partagent sans hésitation les moqueries qu’elles ont subies par le passé : « les petits seins, ce n’est pas féminin », « on dirait des pecs », « planche à pain » ou « piqûre de moustique ». Elles expriment leur satisfaction face à cette nouvelle tendance.

## Moins d’artifices, plus de naturel

Il s’agit désormais d’affirmer avec assurance sa petite poitrine. « Ce que j’ai ressenti la première fois que j’ai entendu les termes « fashion boobs » », s’exprime fièrement l’utilisatrice Imogen Livitsanis. « POV : t’es complexée par tes petits seins mais tu viens d’apprendre que t’as des « fashion boobs » », déclare une autre utilisatrice. « Quand les « fashion boobs » commencent à être tendance et que tout le monde veut se faire réduire la poitrine », s’amuse « Lisa – Body Positivity ».

Cette dernière n’a pas totalement tort. Les demandes de réduction mammaire ont considérablement augmenté ces dernières années. En 2023, le rapport de l’American Society of Plastic Surgeons (ASPS) notait une hausse de 7 % de ces interventions, ainsi qu’une hausse de 9 % des retraits d’implants, même si les augmentations mammaires demeuraient majoritaires aux États-Unis. Au Royaume-Uni, les réductions mammaires et les retraits d’implants ont surpassé les augmentations pour la première fois en 2025, d’après des données de la British Association of Aesthetic Plastic Surgeons (BAAPS) publiées par *The Guardian*. Cette tendance serait liée à la quête de confort et à « des modes de vie plus actifs ».

## Ode à l’acceptation de soi ou énième diktat ?

Il est compliqué de déterminer les raisons pour lesquelles les femmes choisissent de subir ces interventions. Cela peut aller des soucis de dos ou d’irritations cutanées, comme le signale la BAAPS, à l’envie de se libérer des injonctions. De Victoria Beckham à Pamela Anderson, plusieurs célébrités ont récemment choisi de retirer leurs implants mammaires, disant vouloir se débarrasser de tels artifices. « Je me détache de ce corps […] dont je croyais qu’il était indispensable pour être attirante, pour être aimée, pour réussir, pour être heureuse », confiait Alyssa Milano sur Instagram le jour de son intervention. Ces modèles peuvent avoir joué un rôle dans ce retour au naturel, et plus précisément dans cette célébration des petites poitrines.

Néanmoins, un diktat peut en cacher un autre. Cette fascination pour les petites poitrines pourrait être comparée au retour de la maigreur sur les podiums. Selon Vogue Business, 97,6 % des looks présentés pour la saison automne-hiver 2026 étaient pour des tailles comprises entre le 32 et le 36. Loin des idéaux du body positive, les clavicules et côtes saillantes, tout comme les petites poitrines, regagnent les défilés. « Il y a un peu cette fausse idée qu’être maigre, c’est être chic, être riche », expliquait la directrice de casting Esther Boiteux à l’AFP, en octobre dernier. Ces mots se retrouvent désormais associés aux « fashion boobs », étant perçus comme une libération pour certaines et comme un énième diktat pour d’autres. Et si, simplement, on considérait que toutes les poitrines étaient « fashion » ?